"Tout le projet ira à la poubelle", si les Copétans acceptent le référendum

Le projet de réhabilitation du tronçon de la RC1 compris entre Mies et Founex est menacé, le canton monte au créneau.
14 mars 2017, 14:42
/ Màj. le 14 mars 2017 à 15:00
La conseillère d'Etat Nuria Gorrite prévient: si Coppet abandonne, l'ensemble du projet passe à la trappe.

La participation cantonale au financement de la requalification de la route Suisse en Terre Sainte est en bonne voie. Le Conseil d’Etat ayant validé l’enveloppe de 14,4 millions, c’est à présent au Grand Conseil de se pencher sur la question. Une affaire qui roule? Pas tout à fait, puisque qu’un référendum portant sur cet objet est sur le point d’aboutir à Coppet, l’un des quatre villages concernés par ces importants travaux. Si la commune devait se retirer du projet, c’est l’ensemble du dossier qui passerait à la trappe et avec lui près de huit ans de travail, assure Nuria Gorrite. Un épilogue potentiel que le Canton tient à éviter, nous explique la conseillère d'Etat en charge des Infrastructures et des Transports.

Que se passerait-il si les Copétans devaient désavouer leur Conseil et rejeter le projet de réhabilitation?
Il faut être très clair: c’est l’ensemble du dossier qui finirait à la poubelle. Cette réhabilitation s’inscrit dans une vision d’ensemble qui prône une continuité sur l’entier du tronçon. Nous ne pouvons pas faire de Coppet un cas particulier. Attention, il ne s’agit pas de mépriser les doutes de la population qui s’expriment au travers de ce référendum, mais d’être transparent quant aux conséquences d’un refus.

Et qu’adviendrait-il de ces 14 millions dans ce cas-là?
Ils seraient redirigés sur d’autres projets dans le canton. Et l’important travail de maximisation du subventionnement de cette requalification serait également perdu. Le comité référendaire critique plusieurs aspects du projets, notamment un rétrécissement de la chaussée qui, selon eux, nuirait à la fluidité du trafic. Or l’objectif est précisément d’assurer la fluidité de la circulation. Il faut comprendre qu’une route cantonale comme la RC1 doit composer avec plusieurs contraintes qui impactent sur l’écoulement des véhicules. La route traverse des localités et cela produit un effet d’entonnoir qui provoque immanquablement des ralentissements. On peut faire une route à l’américaine, sur huit voies, cela ne fera pas disparaître ce phénomène, je vois mal comment nous pourrions élargir le passage dans le bourg de Coppet. Mais si on anticipe ces goulets d’étranglements, et que l’on fait appel au bon sens des automobilistes le trafic n’en sera que plus fluide. Et c’est précisément l’effet que nous cherchons à obtenir avec ces travaux.

«La réhabilitation de la portion longeant l’EPFL a coûté pratiquement le triple»

La facture totale des travaux est pointée du doigt par les référendaires, mais aussi par la commission des finances de Coppet. Ce projet est-il pharaonique?
Au contraire, par rapport aux autres requalifications du même ordre, celle du tronçon Mies-Founex est la moins chère. A titre de comparaison, la réhabilitation de la portion longeant l’EPFL a coûté pratiquement le triple, si on calcule le prix au kilomètre. Le but n’est pas non plus d’alimenter la sous-enchère salariale en tirant à tous prix l’adition vers le bas. Nous voulons faire travailler des entreprises locales dans de bonnes conditions et cela a un coût.

Mais peut-être que certaines options retenues sont superflues?
Notre objectif est de rentabiliser au maximum cette route existante. Cela fait près de huit ans que tous les acteurs du dossier travaillent sur l’optimisation de l’exploitation de ce tronçon. Il faut bien comprendre que ce genre de démarche est collective. Rien ne s’improvise ici à Lausanne pour ensuite être appliqué péremptoirement à l’échelle locale. Bien au contraire, c’est dans l’essence même de notre département de travailler en étroite collaboration avec les autorités locales, afin de répondre aussi précisément que possible aux préoccupations des élus et des habitants. Et c’est bien sûr le cas dans le dossier qui nous intéresse ici. Nous avons pris en compte des données spécifiques, comme la traversée du bourg de Coppet ou l’avenir du port de Tannay.

Certains craignent que le tronçon soit limité à 60 km/h au lieu de 80 à l’heure actuelle. Cette mesure est-elle prévue?
Ce n’est pas au canton d’en décider! La RC1 est une route cantonale, par conséquent sa limitation légale est de 80 km/h. La volonté d’en changer doit émaner des municipalités concernées qui doivent faire une demande de dérogation. Et cette dernière est ensuite examinée par une commission consultative. Concernant la portion de route comprise entre Founex et Mies, les nouveaux ronds-points inciteront les automobilistes à lever le pied. Ces giratoires, en complément de la pose d’un revêtement phonoabsorbant, permettront également de limiter les nuisances sonores.

par Gregory Balmat