Le canton de Vaud tente de rassurer les apprentis et gymnasiens

Cesla Amarelle a tenté de rassurer les étudiants vaudois vendredi. Mais pour l'instant aucune décision n'a été prise sur les examens de fin de maturité.

03 avr. 2020, 18:05
Cesla Amarelle veut soulager l'enseignement à distance.

Le canton de Vaud a tenu vendredi à rassurer les apprentis, les gymnasiens, leurs parents et l'ensemble des professionnels de la formation postobligatoire. Comme pour l'obligatoire, le gouvernement a décidé que les notes sont suspendues, la quantité de travail adaptée au contexte et de nouveaux outils numériques d'enseignement déployés.

"La volonté de l'Etat de Vaud est de diminuer la pression qui pèse actuellement sur les élèves et aussi sur les enseignants. L'enseignement à distance ne pourra pas remplacer les cours donnés en présence des élèves en classe, a rappelé Cesla Amarelle, cheffe de la formation vaudoise lors d'un point de presse. La quantité et les horaires de travail doivent être adaptés, a-t-elle insisté.

Le Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC) ne procédera à aucune évaluation notée, supprimera le nombre de notes minimal imposé dans chaque discipline. "Ces mesures permettront de garantir l'égalité de traitement entre les gymnasiens et les apprentis qui vivent ce confinement dans des situations personnelles, familiales et techniques différentes", a expliqué Lionel Eperon, directeur de l'enseignement postobligatoire (DGEP).

Bientôt des décisions sur les examens

"Une plateforme collaborative harmonisée a en outre été mise en fonction depuis jeudi", a-t-il ajouté. L'enseignement postobligatoire concerne 37 000 élèves, dont 19 500 apprentis.

S'agissant des modalités des examens de fin d’apprentissage et de maturité, elles sont toujours en attente de décisions au niveau fédéral. Le régime retenu pour la formation professionnelle pourrait être dévoilé avant Pâques et les décisions pour les formations gymnasiales, dont les examens peuvent se dérouler en juin, sont attendues début mai, ont indiqué les deux responsables.

Pour les apprentis, le Conseil d'Etat a mandaté les 65 commissaires professionnels vaudois pour contribuer à une surveillance accrue du respect strict des conditions sanitaires fixées par l'Office fédéral de la santé publique (OFSO). La DGEP veillera à ce que ces contrôles soient réguliers et proportionnés à la situation prévalant dans les différents secteurs. Elle signalera au Service de l'emploi les situations qui requièrent une action correctrice, selon Mme Amarelle.

Inciter à engager des apprentis

Le Conseil d'Etat demande par ailleurs à la Confédération la mise en place d'un mécanisme financier qui incite les PME à engager des apprentis à la rentrée d’août, malgré le contexte économique extrêmement difficile. Des entreprises pourraient en effet tout simplement renoncer à rester ou à devenir des entreprises formatrices, s'inquiète le gouvernement vaudois.

Les entreprises qui continuent à engager des apprentis pourraient par exemple bénéficier de bonus au niveau des RHT, propose le canton. Un autre modèle permettrait de prévoir que le salaire d'un apprenti engagé soit directement couvert durant les 6 à 12 premiers mois par un fonds spécial alimenté par l’assurance chômage.

Sensible à cette proposition vaudoise, la Conférence des directeurs de l'instruction publique (CDIP) a décidé à son tour de la porter auprès du Conseil fédéral, a indiqué le Conseil d'Etat dans un communiqué.