Les élus suisses réagissent à l'élection de Guy Parmelin au Conseil fédéral

Les réactions des hommes et femmes politiques vaudois et du reste du pays sont contrastés. A droite comme au centre, on apprécie la présence d'un nouveau Romand au gouvernement. A gauche, on reste globalement inquiet ou prudent.

09 déc. 2015, 12:45
/ Màj. le 09 déc. 2015 à 15:42
Anhaenger des neu gewaehlten Bundesrates Guy Parmelin jubeln im Restaurant Ambassador nach der Verkuendung des Resultats des dritten Wahlgangs der Bundesratswahlen am Mittwoch, 9. Dezember 2015, in Bern. (KEYSTONE/Thomas Hodel)

René Knüsel politologue à l'Université de Lausanne: "C'est un symbole pour le canton de Vaud, une tradition retrouvéeGuy Parmelin a incontestablement défendu des éléments de doctrine de l'UDC avant les intérêts de son canton. Il est très fidèle dans ses engagements, c'est un homme de loyauté mais peut toutefois réserver des surprises. L'attribution du département sera un moment-clé. Il n'est pas naturellement favorable aux interventions étatiques. C'est plutôt un gestionnaire. Mais il accepte les coups, il relève les défis, il sait mesurer les tensions."

 

Olivier Meuwly, historien: "Il ne faut pas surestimer le bénéfice que le canton de Vaud peut retirer d'une telle élection. Le conseiller fédéral Guy Parmelin pourrait influencer son parti sur certains dossiers. On verra, c'est un pari de savoir quelle loyauté va primer."

 

Roger Nordmann, conseiller national vaudois PS: "Je suis inquiet pour l'avenir du pays. Guy Parmelin a probablement été jugé le candidat le moins inadéquat. Mais je n'ai aucun espoir que l'UDC se modère, au contraire, le discours va se durcir. Un conseiller fédéral doit officier pour l'intérêt de tous les habitants de ce pays et non pour le programme de son propre parti. Nous attendons donc une attitude constructive et collégiale de sa part."

 

Olivier Feller, conseiller national vaudois PLR: "Je suis content pour mon canton et ma région. J’ai voté pour lui.  Et heureux de voir que la majorité alémanique a voté pour lui."

 

Christophe Darbellay, conseiller national valaisan PDC : "Guy Parmelin présente un bon potentiel d'intégration au gouvernement.  L'élection du Vaudois confirme par ailleurs le désir du Parlement de désigner une personne capable de trouver des solutions constructives aux noeuds tels que l'asile ou la concrétisation de l'initiative sur l'immigration de masse. Je suis néanmoins confiant dans l'élu romand."

 

Christian Levrat, conseiller aux Etats fribourgeois PS: "On ne peut qu'espérer que Guy Parmelin se révèle dans sa fonction. Il n'y avait plus d'autre choix que d'élire un candidat UDC. On s'est décidé pour celui dont les perspectives sont les moins négatives."

 

Nuria Gorrite, conseillère d’Etat vaudoise: "C’est une très belle journée pour notre canton et pour l’arc lémanique, une région économique souvent sous-estimée à Berne. Vaud retrouve ainsi un siège et c’est le plus important. On l’a réclamé à de nombreuses reprises. Pierre-Yves Maillard (Conseiller d’Etat socialiste) ne l’a pas eu. Aujourd’hui, il fallait un UDC, je suis heureuse qu’il s’agisse de Guy Parmelin, que je connais très bien, et dont je suis sûr qu’il défendra nos projets d’infrastructures."

 

Philippe Leuba, conseiller d'Etat vaudois: "Je suis d'abord Vaudois avant d'être du PLR. Je me réjouis de l'élection de Guy Parmelin. Je suis convaincu qu'il apportera beaucoup au Conseil fédéral. C'est un atout pour la Suisse romande." 

 

Pascal Broulis, conseiller d'Etat vaudois: "Nous sommes contents. L'arc lémanique se renforce sous la coupole fédérale. Guy Parmelin se fondra bien dans le collège gouvernemental et respectera la collégialité. Il est important pour un gros canton comme Vaud d'avoir une assise à Berne."

 

Jean-François Rime (UDC Fribourg): "Cette configuration à trois conseillers fédéraux romands n'est pas exceptionnelle, mais rare. En général, le Parlement élisait un Romand quand on savait qu'ils ne seraient pas trois pour longtemps, parce qu'une nouvelle démission était attendue... Cela n'est pas le cas aujourd'hui."

 

Jean-Luc Ador (UDC Valais): "C'est le retour à la concordance... Il est satisfaisant que l'on puisse nous observer là où les électeurs ont voulu nous voir siéger."

 

Toni Brunner, président de l'UDC: "C'est un bon signe de voir élu un UDC romand... L'UDC pourra ainsi mieux marquer sa présence en Suisse romande... Guy Parmelin est une personne avec qui on peut très bien collaborer. Il maîtrise ses dossiers... La direction du parti va maintenant discuter avec Ueli Maurer et Guy Parmelin. Il est encore trop tôt maintenant pour se prononcer."

 

Attilio Bignasca, frère du fondateur de la Lega Giuliano Bignasca: "La tentative de Norman Gobbi aura été un bon coup de pub pour son parti. On sait que la Suisse italienne est mal aimée".