Un piano héliporté sur un alpage de l'Hongrin pour un berger atypique

Un piano à queue vient d’être livré par les airs sur un alpage où Jean-Marie Grillon, un berger atypique, garde une soixantaine de génisses avec des jeunes en difficulté, placés par les tribunaux.
09 août 2020, 10:50
Un piano est livre par helicoptere a Jean-Marie Grillon, fondateur de l'association Ali Baba and You qui propose d'accueillir des jeunes en rupture sociale, sur un alpage dans la vallee de l'Hongrin le vendredi 7 aout 2020. (KEYSTONE/Laurent Darbellay)

Sur un alpage dans la région de l’Hongrin, Jean-Marie Grillon, un berger atypique, garde un troupeau de génisses avec des jeunes cabossés de la vie. Il vient de se faire livrer son piano à queue, par hélicoptère.

L’homme à l’imposante barbe reste discret sur l’endroit. Avec l’aide de cinq jeunes gens âgés de 16 à 18 ans, il garde une soixantaine de génisses sur un alpage. Ces adolescents «en délicatesse avec la justice» sont «placés par les tribunaux, sous le contrôle du Service de protection de la jeunesse», a-t-il expliqué à Keystone-ATS.

Jean-Marie Grillon, un berger atypique. Keystone

Ces cinq garçons à l’adolescence compliquée se retrouvent pour quelques semaines ou quelques mois sur un terrain à 1500 mètres. Où trônent deux chalets, dont l’un n’a ni eau, ni électricité.

Vie de famille

«J’essaie de leur donner une vie de famille. Pour eux, la famille, c’est souvent la rue», a-t-il confié à Keystone-ATS. Il faut qu’une porte s’ouvre pour eux quelque part: «J’ouvre cette porte».

Bien sûr, «il y a des pétages de plombs. Il faut gueuler tous les jours. Mais globalement, cela se passe plutôt bien. J’arrive à les responsabiliser, à les faire travailler», ajoute-t-il.

La saison à l’alpage s’étend d’avril à fin septembre. D’habitude, Jean-Marie Grillon part sur les routes d’Asie en hiver. Cette année, en raison du coronavirus, il pourrait devoir rester dans sa «cabane».

Par les airs

Cet ancien pianiste de bars et de mariages vient de se faire livrer par les airs son piano à queue. «Je vais me remettre à jouer. J’ai vécu pendant 15 ans de la musique», rappelle-t-il.

Berger depuis des années, sur différents alpages, «le piano a toujours suivi. On prend l’âme avec», glisse-t-il.