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Première romande: à Morges, la police s’équipe de voitures d’intervention électriques

Police Région Morges a dévoilé, jeudi, deux nouveaux véhicules plus respectueux de la planète. Seuls le canton de Bâle-Ville assure déjà ses missions de police-secours à bord de bolides similaires.
18 juin 2021, 18:00
L'adjudant Sacha Trpkovski et l'agent Olivier Rime ont conduit toutes les études préalables à l'acquisition des nouveaux véhicules.

«Chaîner un véhicule au milieu de l’avenue de Marcelin, ce n’est pas tout à fait ce qu’on attend de la police», sourit Clément Leu, commandant de Police Région Morges (PRM). C’est la raison pour laquelle les deux nouveaux engins d’intervention de PRM sont équipés de quatre roues motrices, comme les vieilles VW Sharan qu’ils remplacent.

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Pour le reste, les deux Audi E-Tron 55 amorcent une véritable petite révolution puisqu’elles sont 100% électriques. De ce côté-ci de la Sarine, c’est la première fois que les forces de l’ordre s’équipent de pareilles voitures pour les missions de police-secours. En Suisse, seul le canton de Bâle-Ville a déjà franchi le pas. 

300 kg de matos dans le coffre et sous le capot

Mine de rien, cela change passablement de choses pour PRM. Sous le capot, pas de moteur traditionnel. Les agents ont gagné de la place pour caser une partie de leur équipement. Il faut dire qu’ils trimballent un peu de tout. Des cônes, un sac sanitaire, une mallette remplie de formulaires, un défibrillateur, une herse mobile, un bouclier ou encore des armes longues rangées dans un compartiment verrouillé: ils ont de quoi voir venir face à toutes les situations. Au total, la panoplie pèse environ 300 kg.
 

PRM a gagné un espace de rangement sous le capot. Crédit photo: Sigfredo Haro
 

Mais ce n’est pas tout. Si le prix d’achat est certes plus élevé – 120 000 francs environ contre 80 000 à 85 000 francs pour un véhicule classique –, l’opération permettra, à terme, de limiter les coûts. Avec ces bolides électriques, PRM économisera sur l’essence et sur les frais de maintenance. «Les voitures thermiques ont plein de contraintes mécaniques», souligne l’adjudant Sacha Trpkovski, qui a mené tous les tests préalables avec l’agent Olivier Rime. 

C’est bien simple, après quatre ans et environ 200 000 km au compteur, les engins d’intervention de PRM ne sont plus bons à grand-chose, et doivent être remplacés. En passant à l’électrique, PRM mise sur une durée de vie d’au moins six ans. 

Chaque fois qu’ils rentrent, les agents branchent la voiture, même si c’est pour quinze minutes.
Clément Leu commandant de PRM

Côté organisation, il a fallu que les agents revoient leur façon de fonctionner. Plus question d’attendre que la jauge indique qu’il reste un quart du plein pour se rendre à la pompe à essence. Désormais, ils passent régulièrement dans le garage de l’Hôtel de police, qui a été équipé de bornes de recharge. «Chaque fois qu’ils rentrent, ils branchent la voiture, même si c’est pour quinze minutes», note Clément Leu. 

Un geste pour la planète

Parce que la conduite d’un véhicule électrique implique certaines spécificités, tous vont suivre une formation au centre TCS de Cossonay. Et ce n’est pas parce que les véhicules de PRM circulent en moyenne à 40 km/h qu’ils n’ont pas besoin d’en avoir sous le capot. Avec ces nouvelles autos, il semble d’ailleurs que les policiers aient gagné au change: «A puissance égale, les voitures électriques sont plus réactives», assure l’adjudant Trpkovski.

Reste un avantage, et pas des moindres. En misant sur le tout électrique, PRM entend bien diminuer son empreinte écologique. 

Fini les bandes jaunes, place à l’orange

A terme, c’est toute la flotte de police secours, soit quatre automobiles, qui se branchera sur le courant. «A quatre véhicules d’intervention, notre gain écologique va s’élever à environ 140 tonnes de CO2 par an, ce qui équivaut à 140 fois le trajet Genève-New York pour un passager en classe économique», note Clément Leu.
 

Le coffre est truffé de matériel d’intervention. Crédit photo: Sigfredo Haro
 

«Nous sommes très fiers d’être la deuxième police en Suisse à avoir des voitures électriques», se félicite Olivier Jeanneret, membre du comité de direction.

Dernier détail, qui attirera sans doute l’œil des observateurs les plus avertis: les nouvelles Audi en ont terminé avec les bandes jaune fluo qui tapissaient les flancs des anciennes automobiles. Place désormais à l’orange, comme la gendarmerie. De quoi faciliter leur identification par les citoyens du canton et d’ailleurs.