11.09.2017, 11:53  

Morges: le mystérieux numéro 70 de la Grand-Rue

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Les Morgiens ont saisi l’opportunité rare des Journées du patrimoine pour visiter ce témoin prestigieux de leur passé, généralement fermé au public.

 11.09.2017, 11:53   Morges: le mystérieux numéro 70 de la Grand-Rue

Patrimoine - En chantier, l’une des plus belles maisons de la Grand-Rue a accueilli, exceptionnellement, des visiteurs ce week-end pour les Journées du patrimoine.

Qui, à part ses habitants, leurs proches ou les personnes qui ont spécifiquement quelque chose à y faire, connaît, de l’intérieur, le No 70 de la Grand-Rue? Pas grand monde a priori. Cette ancienne demeure, construite au cours des années 1350, certainement l’une des plus belles du centre historique de Morges, a exceptionnellement ouvert ses portes au public en fin de semaine, dans le cadre des Journées du...

Qui, à part ses habitants, leurs proches ou les personnes qui ont spécifiquement quelque chose à y faire, connaît, de l’intérieur, le No 70 de la Grand-Rue? Pas grand monde a priori. Cette ancienne demeure, construite au cours des années 1350, certainement l’une des plus belles du centre historique de Morges, a exceptionnellement ouvert ses portes au public en fin de semaine, dans le cadre des Journées du patrimoine, dont elle a constitué l’une des attractions majeures.

Un témoin du passé d’importance nationale

Cette opportunité rare s’inscrivait, en l’occurrence, dans le contexte de travaux de rénovation, commencés l’an dernier et qui devraient s’achever au début 2018. Les nombreux visiteurs qui se sont rendus sur place à cette occasion ces deux jours, pas rebutés par la pluie du samedi notamment, ont pu ainsi admirer les merveilles cachées derrière les murs et la porte habituellement close de ce témoin prestigieux du passé morgien, connu surtout pour ses fenêtres à encadrements gothique tardif du XVIe siècle, donnant sur la Grand-Rue, sans autre exemple dans la région, parvenu jusqu’à nous. D’où la note 1, c’est-à-dire d’importance nationale à l’inventaire des Monuments historiques, attribuée à Grand-Rue 70.


"Ce type de chantier est à la fois un défi et un plaisir"


Les personnes présentes ont eu droit à un parcours sous la conduite et avec les explications de Carole Schaub, historienne de l’architecture, et de l’architecte Guillaume Wicht spécialiste de telles réalisations. «Ce type de chantier est à la fois un défi et un plaisir... J’ai la chance que les propriétaires soient conscients de la valeur immense de leur bien. Ce qui est extraordinaire, c’est les surprises que nous faisons au jour le jour et qui, en fonction de leur intérêt, peuvent nous amener à modifier les intentions initiales.

Il cite, à titre d’exemple, la découverte récente «d’un plafond peint sous un enduit. Nous n’avons pas encore pris de décision à son sujet, parce que nous n’avons pas pu l’évaluer en entier. Nous ne savons pas si c’est un simple fragment ou quelque chose de plus considérable.» Concrètement, une bonne partie du travail en cours à Grand-Rue 70 porte sur la suppression des ajouts du XXe siècle, en vue de retrouver l’état initial de l’immeuble.

L’une des nombreuses auberges de la ville

En trois corps de bâtiments étroits, – dont l’un, donnant sur la rue des Fossés, et s’appuyant donc sur le mur d’enceinte de la ville –, articulés autour d’une cour intérieure, l’ensemble conçu selon «le schéma classique de la maison médiévale» atteste d’une histoire très riche, «marquée par de multiples reconstructions et transformations successives, en fonction de l’évolution des besoins des propriétaires» relève Carole Schaub. Au XVe siècle, entre autres, de gros travaux sont entrepris pour réunir les trois édifices en un seul et en faire l’auberge de la Croix-Blanche, en remplacement d’un plus modeste Logis de La Croix.


"Morges comptait de multiples auberges, propriété des notables locaux"


L’établissement appartient, tour à tour, à Pierre et Bertrand De La Cuisine (sic!), membres de la noblesse, qui ont exercé la charge de syndic. «A ce moment-là, commente Carole Schaub, Morges compte de multiples auberges, propriété des notables locaux, qui y trouvent une source de revenus des plus lucratives.» En 1663, suite à un partage entre héritiers, l’auberge ferme définitivement ses portes. La réorganisation de l’espace est celle conservée à ce jour. Une trace subsiste de l’ancienne Croix-Blanche: sa somptueuse enseigne, devenue aujourd’hui celle du musée Alexis Forel.

«affaire rentable pour les seigneurs de savoie»

La splendeur de l’immeuble Grand-Rue 70 atteste de la prospérité de la ville, comme le souligne Carole Schaub. Morges, fondée, pour rappel, en 1286 par Louis de Savoie, est bâtie selon le modèle de la cité Zähringen. «Le même, que celui de Berne et de Fribourg, avec deux rues parallèles, en sus d’ une place du marché, entièrement vouées au commerce, activité économique principale de la ville, dotée également d’une forteresse implantée à l’extérieur. Morges doit être une affaire rentable pour les seigneurs de Savoie.

A mi-chemin entre Lausanne et Genève, elle est idéalement située pour favoriser une récolte optimale de taxes et d’impôts auprès des voyageurs et des marchands, qui trouvent aussi à se loger dans ses auberges.»


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