31.05.2017, 00:01  

Tour de piste pour la route Suisse

Abonnés
chargement
Pour la première fois, partisans et opposants des travaux sur la route Suisse se sont affrontés en public.

COPPET - Lundi soir, le référendaire Martin Steib et le syndic de Coppet Gérard Produit ont croisé le fer sur le projet de requalification de la route du lac.

Gilles Biéler

gilles.bieler@lacote.ch

Salle communale archicomble lundi à Coppet, dans une torpeur que seuls viennent apaiser les dépliants du comité de soutien au projet de requalification de la route Suisse, requalifiés, eux, en éventails d’un soir. A tous points de vue, donc, la soirée s’annonçait chaude, et elle le fut. Pour la première fois, le chef de file des référendaires...

Gilles Biéler

gilles.bieler@lacote.ch

Salle communale archicomble lundi à Coppet, dans une torpeur que seuls viennent apaiser les dépliants du comité de soutien au projet de requalification de la route Suisse, requalifiés, eux, en éventails d’un soir. A tous points de vue, donc, la soirée s’annonçait chaude, et elle le fut. Pour la première fois, le chef de file des référendaires Martin Steib et le syndic Gérard Produit se retrouvaient face à face, en public. A l’occasion d’un débat organisé par «Le Quotidien de La Côte» et Nyon Région Télévision.

Le 25 juin prochain, donc, les Copétans devront se prononcer sur des travaux jugés «trop chers» par les référendaires, «indispensables» par la Municipalité et le Conseil communal, qui a plébiscité le projet (37 oui, 5 non, 4 abstentions). Une «histoire» à 1,35 million à charge de la commune de Coppet, sur un tronçon de 950 mètres et pour une requalification allant en fait de Founex à Mies. Facture totale des travaux à Terre Sainte: 25 millions, en grande partie assumés par le canton.

Chère obligation

Si la population venait à refuser ce projet, a rappelé Gérard Produit, «il faudra de toute façon, car c’est une obligation légale, intervenir sur une partie de ce tronçon (480 mètres), pour presque 1,6million, sans aucune subvention cantonale». Martin Steib a, lui, commencé par expliquer pourquoi il a lancé ce référendum sur un objet si largement accepté par le délibérant. «On m’a dit “Heureusement qu’on peut se prononcer!”. Chacun, en Suisse, est autorisé à donner son avis, c’est un droit inaliénable.» Puis il a cité plusieurs extraits de séances de conseils communaux de Terre Sainte, s’attirant parfois les foudres de personnes du public.

Pas question, pourtant, pour l’ancien conseiller communal, de passer pour un Neinsager. «On entend souvent que les municipalités de Terre Sainte ne savent plus quoi faire de leur argent. Coppet a déjà 15millions de dettes, on doit faire des choix. Par exemple, on n’a pas fait de référendum pour les 4,5millions de la piscine-patinoire qui est pour nous de l’argent mieux dépensé.» Filant la thématique de la dépense publique, le référendaire a rappelé que «ces travaux, c’est 5000francs le mètre».

Le spectre des bouchons

Mais alors, si c’est plus encore sans les aides cantonales, pourquoi ce référendum? «Parce que ces subventions ne sont pas si élevées. Et l’argent ne pousse pas sur les arbres, les sommes que l’on reçoit ici sont celles qu’on a nous-même versées. Dépenser autant pour une solution qui nous empêchera de rouler est inutile. C’est déjà la paralysie à Versoix, ce sera pareil ici!» Plus tôt, le membre du comité référendaire avait comparé la route Suisse à la route de Lausanne à Genève, «autrefois un axe de transit, aujourd’hui complètement congestionné. Ce n’est pas ce que nous voulons pour notre avenir».

Dans la salle, un riverain de la route Suisse intervient, il exprime la dangerosité de l’aménagement actuel. «Il doit être sécurisé, et puis nous devons penser aussi à la sécurité des cyclistes et à la solidarité avec les autres communes!»«A Coppet, comme à Mies et Tannay, a répondu Martin Steib, on a des pistes cyclables, on a tout ce qu’il faut. Si Founex n’a pas de pistes cyclables, c’est son problème, pas le nôtre.» Enfin, a prévenu Gérard Produit, «rater le coche aujourd’hui nous fera passer à la caisse demain, car on devra installer une bande cyclable, on devra offrir plus d’espace aux piétons. Mais sans les aides cantonales.»

La largeur de la route, nouvelle version, a aussi été un sujet d’interrogations, notamment dans le public. «Les camions ont tendance à grossir, c’est déjà serré quand ils se croisent maintenant. Alors avec une chaussée si étroite...», s’est inquiétée une Copétane. «Les poids lourds n’auront que 23 centimètres pour se croiser», avait auparavant alerté Martin Steib. «Les trottoirs seront franchissables, la chaussée pourra donc, si l’on veut, s’ “élargir” en cas de besoin», a assuré Gérard Produit.

Mais revient vite l’aspect économique. «Le prospectus du comité de soutien, a relevé un citoyen, présente le coût pour Coppet si le projet est accepté et celui que l’on devra payer pour assumer seul les travaux à faire absolument. A l’en croire, on paierait plus cher et on paierait pour moins?» «On n’est pas obligé de dépenser, répond Martin Steib. Et puis, tous ces montants dans ce flyer sont gonflés. S’il y a une ordonnance fédérale, on peut négocier. Les projets, on ne doit pas les gober, on a toujours le choix!»«Non, a réagi le syndic, on n’a pas le choix, la loi nous oblige à assainir ce tronçon pour le bruit. C’est comme ça. La démocratie, c’est aussi accepter les lois lorsqu’elles ont été votées, M. Steib.»


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour la lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top