11.01.2017, 00:01  

Marisa Lavanchy, sa vie en Australie

Abonnés
chargement
Marisa Lavanchy pose devant Harbour Bridge, à quelques mètres de l’opéra de Sydney. En Australie, la Rolloise découvre une nouvelle vie.

 11.01.2017, 00:01   Marisa Lavanchy, sa vie en Australie

ATHLÉTISME - En septembre, jeune «retraitée», Marisa Lavanchy a mis le cap sur Sydney. La Rolloise raconte son nouveau quotidien.

florian sägesser

florian.saegesser@lacote.ch

La connexion internet saute, on réessaie. «Cette fois c’est bon, j’ai réglé le problème, on ne sera plus embêtés», glisse Marisa Lavanchy, sourire aux lèvres. L’appel vidéo comble les dix heures de décalage d’horaire et les 16 000 ...

florian sägesser

florian.saegesser@lacote.ch

La connexion internet saute, on réessaie. «Cette fois c’est bon, j’ai réglé le problème, on ne sera plus embêtés», glisse Marisa Lavanchy, sourire aux lèvres. L’appel vidéo comble les dix heures de décalage d’horaire et les 16 000 km séparant la Suisse de l’Australie. En ce jour, le soleil éblouit des deux côtés du globe: il est 9h30 à Nyon, 19h30 à Sydney, ville où réside désormais la Rolloise.

Le lendemain, la jeune femme se lèvera tôt pour son tout premier jour de travail: «Je viens de décrocher un petit job dans un café de quartier, pour trois à quatre jours par semaine; je commence à 6h et termine à 15h, ce qui me laisse les après-midi libres.»

Le footing, toujours

Arrivée aux Antipodes fin septembre, après avoir annoncé son retrait de l’athlétisme, quelques heures avant le Weltklasse, Marisa Lavanchy se découvre de nouvelles habitudes. Un quotidien à mille lieues de sa carrière de sportive d’élite. En Australie, elle a rejoint son compagnon, déjà sur place depuis un an pour raisons professionnelles. Le couple, qui passera les trois prochaines années «Down Under», s’est installé au nord de Sydney, non loin du zoo de Taronga, proche de plusieurs parcs, des poumons verts. «Une belle région, parfaite pour mon footing quotidien», confie l’ex-membre du relais 4x100 m.

La Rolloise, bien que sa carrière sportive soit refermée, n’arrive pas à couper. Courir fut sa vie, cela le reste – différemment. «Je ne peux pas arrêter. J’en ai besoin pour me vider la tête et me sentir bien dans mon corps, d’ailleurs depuis que j’ai arrêté le sport de haut niveau, je le sens changer, je dois faire attention à mon alimentation», partage-t-elle. Puis, en s’esclaffant: «Mais plus de sprint!» Son pied, qui l’a fait tant souffrir, notamment lors de sa dernière saison, quémande encore du repos. «La douleur commence à se calmer.»

A 27 ans, se réinventer

Marisa Lavanchy a traversé sa première fin d’année loin des salles de force, loin du sport de haut niveau. «J’aimais cette période de la préparation hivernale, j’aimais m’entraîner, ça me manque un peu, toutefois je ne me vois vraiment pas rechausser les pointes.» A 27 ans, la jeune femme apprend à se redéfinir: «Après le Weltklasse, mon moral est descendu en flèche, cela m’a fait du bien de partir, loin de l’athlétisme, même si les premiers temps, je regardais beaucoup de photos. C’est très particulier de se poser des questions existentielles à 27 ans plutôt qu’à 14. Tout était à apprendre, mes repères à rebâtir.»

De son propre aveu, il lui aura fallu deux bons mois pour digérer et repartir de l’avant. Période durant laquelle son copain et elle en ont profité pour sillonner les terres rouges de l’outback. «Nous avons loué un petit car, pour traverser le centre de l’Australie, prendre du temps pour nous deux, nous retrouver. Ces paysages sont remplis de vide, d’un vide magnifique.» Au bout du monde, dans ces contrées, l’horizon est dégagé, plus vaste, plus profond. Avec un seul leitmotiv valable: «Enjoy the life.»

Le «road trip» achevé, de retour à Sydney, Marisa Lavanchy a intégré une école de langues. «Un mois de cours durant lequel j’ai découvert la vie d’étudiante, où j’ai profité. Je me suis fait des amis. Même si certains vont repartir, il était important que je me recrée mon propre cercle social. D’ailleurs, je fus étonnée de rencontrer autant de Suisses.» Alors qu’elle espérait passer incognito, une étudiante parmi d’autres, l’ancienne athlète a vite déchanté: «Cela a duré deux jours, puis certains sont venus vers moi, m’ont reconnu, impossible de me cacher.»

Noël sur Skype

Elle n’a pas, non plus, échappé aux… araignées. «J’en ai une peur bleue. Mon copain a essayé de me rassurer; à mon arrivée, nous sommes allés manger dehors: je me suis retrouvée nez à nez avec une araignée de la taille d’une assiette. Ce fut mon “Welcome in Australia”.» Quant aux activités nautiques, là aussi, prudence: «J’ai essayé de me tremper, mais je redoute trop les requins. Cela doit faire le bonheur de ma maman, pas très rassurée que je me baigne dans ces eaux.»

Loin des yeux, loin du cœur? Pas vraiment. Ou comment tordre le cou à l’expression. Les Fêtes de fin d’année ont amené leur lot de petites nouveautés: «C’était bizarre de passer un Noël à 30°C, alors qu’en Suisse, il fait 0°C. Le 24décembre, nous avons fêté avec mon copain et le 25 au matin, j’ai passé ma journée sur Skype avec ma famille. J’ai assisté au déballage des cadeaux, tout le monde devait m’expliquer ce qu’il a reçu, c’était particulier mais marrant.»

La famille, Marisa Lavanchy la retrouvera en avril. Le couple reviendra en Suisse pour trois semaines. «Ce sera un marathon pour voir tout le monde», dit-elle, toujours souriante. Dans l’intervalle, la Rolloise reste connectée: «Tous les soirs, je passe beaucoup trop de temps sur WhatsApp.»


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top