Syrie: les pourparlers de Genève auront lieu jusqu'à mercredi

Les pourparlers de Genève vont se poursuivre jusqu'à mercredi, ce malgré le départ du principal groupe d'opposition. Le médiateur de l'ONU n'a pas encore indiqué la date à laquelle ce 3e round de négociations devait s'achever.
22 avr. 2016, 18:19
/ Màj. le 22 avr. 2016 à 18:25
Bachar al-Jaafari a déclaré qu'il s'entretiendrait à nouveau lundi avec M. de Mistura, mais n'a pas fait de commentaire sur la date de son départ.

Les difficiles négociations de paix intersyriennes, organisées par l'ONU à Genève, vont se poursuivre jusqu'à mercredi. Et ce malgré le départ du principal groupe d'opposition, a-t-on appris vendredi auprès d'un négociateur présent en Suisse.

"Nous allons continuer les discussions jusqu'au 27 avril comme indiqué sur l'invitation reçue de (Staffan) de Mistura", l'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie, a dit Qadri Jamil, co-président de la délégation du "Groupe de Moscou", une faction de l'opposition tolérée par Damas.

"Nous allons rencontrer M. de Mistura en début de semaine pour poursuivre la discussion sur notre vision" d'un règlement du conflit, a ajouté M. Kadri, qui est un ancien vice-Premier ministre syrien.

Le médiateur de l'ONU n'a pas encore indiqué la date à laquelle ce 3e round de pourparlers devait s'achever. Mais la poursuite des discussions intervient alors que l'opposition "officielle" réunie au sein du Haut comité des négociations (HCN) - qui rassemble des représentants politiques et des groupes armés - a quitté Genève pour protester contre "la détérioration" de la situation humanitaire et les violations du cessez-le-feu en Syrie.

Une délégation parmi d'autres

Lors d'une interview jeudi soir à la RTS, M. de Mistura a d'ailleurs laissé transparaître son agacement à l'égard du HCN, parlant de "gesticulations".

"La délégation de Ryad (nom donné au HCN par Damas et les autres opposants, ndlr) n'est qu'une délégation parmi d'autres participant aux discussions de Genève et l'idée selon laquelle elle serait la délégation en chef de l'opposition doit être effacée", a souligné M. Jamil.

Le "Groupe de Moscou", qui comme son nom l'indique est proche de la Russie, elle-même alliée de Damas, est vivement contesté par le HCN qui lui dénie toute légitimité sur le terrain.

Pas une perte

Le départ des membres du principal groupe de l'opposition syrienne de Genève n'"est une perte pour personne, sinon pour eux-mêmes", a pour sa part estimé vendredi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. "Ce n'est pas le seul groupe de l'opposition syrienne", a-t-il rappelé, soulignant qu'"il ne faut pas lui courir après".

Selon M. Lavrov, si les membres du HCN "veulent assurer leur participation uniquement via des ultimatums que tout le monde doit accepter, c'est leur problème". "Il faut travailler avec ceux qui ne pensent pas à leur carrière ou à amadouer leurs protecteurs à l'étranger, mais avec ceux qui pensent au sort de leur pays", a estimé le chef de la diplomatie russe.

Une source proche du gouvernement de Damas a également confirmé que la délégation du régime "restait jusqu'à mercredi" à Genève.

Parlant à la presse à l'issue d'une 4e rencontre avec le médiateur de l'ONU au Palais des Nations, siège de l'ONU à Genève, le chef de cette délégation, Bachar al-Jaafari, a déclaré qu'il s'entretiendrait à nouveau lundi avec M. de Mistura, mais n'a pas fait de commentaire sur la date de son départ.