Baptiste Beaulieu, un jeune médecin généraliste, vous explique pourquoi vous devez attendre chez le docteur

Baptiste Beaulieu est un jeune médecin généraliste français. C'est aussi un écrivain et, d'ailleurs, Baptiste Beaulieu, ce n'est pas son vrai nom. Mais ce qui compte, c'est la petite vidéo qu'il a postée sur son mur Facebook il y a cinq jours. Il y pousse un coup de gueule très émouvant contre tous ceux qui râlent sur les réseaux sociaux parce qu'ils doivent parfois attendre une heure dans la salle d'attente de leur médecin.
18 oct. 2016, 06:43
/ Màj. le 18 oct. 2016 à 07:04
Baptiste Beaulieu l'admet: "moi aussi, en tant que médecin, je suis souvent en retard!!!" Mais il a de bonnes raisons...

Son coup de gueule a déjà été vu près de 350'000 fois sur la page Facebook de son blog. A 31 ans, celui qui s'est fait connaître comme écrivain sous le pseudonyme de Baptiste Beaulieu est la star des réseaux sociaux francophones depuis le 13 octobre.

Ce jour-là, visiblement remonté contre tous ceux qui se plaignent gratuitement sur internet, au bistrot ou ailleurs, qu'ils doivent toujours patienter de longues minutes, parfois des heures, quand ils prennent rendez-vous chez leur médecin - qui ne l'a jamais fait? - et il s'est décidé à leur expliquer pourquoi. 

L'élément déclencheur de cette petite vidéo de près de 5 minutes? "L'autre jour, une connaissance a publié sur Facebook «ces médecins qui ont systématiquement 1 heure de retard me gonflent !!!!! Grrrrrrrr ». Avec tout plein de smiley tristes et énervés (vous savez, là, celui qui serre les dents...). J'ai réfléchi et c'est VRAI !!! Moi aussi, en tant que médecin, je suis souvent en retard !!! À ma décharge, si je suis en retard, c'est parce que j'ai un secret (un peu honteux à avouer...) Venez ! Je vais vous le révéler quand même !"

 

 

 

Baptiste Beaulieu, 31 ans, qui plaide régulièrement dans les médias français pour une médecine plus humaine, raconte donc la semaine de sa vie de médecin généraliste qui vient de s'écouler. Une semaine où il y a forcément les rendez-vous prévus dans l'agenda. Mais une semaine où il y a surtout des imprévus quotidiens. "Pas plus tard que la semaine dernière, lundi, j’ai eu une heure de retard, commence le jeune médecin. Une patiente, qui avait pris rendez-vous pour un certificat médical, s’est mise à pleurer au bout d’un quart d’heure. Elle me disait que quand elle voyait une fenêtre elle avait envie de sauter, raconte-t-il. Je vous avoue qu’au bout d’un quart d’heure, j’ai continué à l’écouter cette dame, j’ai pas tapoté ma montre en disant: "ding-dong, c’est fini" ".

Mardi, c'est un SDF qui vient de se faire poignarder que les gendarmes lui amènent. Le lendemain, c'est au tour d'un patient qui se plaint de maux de dos et qui est en fait en train de faire un infarctus, puis une femme tabassée par son mari. Et à chaque fois, c'est évidemment une heure de retard pour tous les patients qui ont pris rendez-vous et qui attendent de longues minutes en lisant un magazine usagé. 

Et puis le ton devient plus grave. Baptiste Beaulieu évoque le cas d'un confrère qui s'est fait casser les deux mains par un patient en colère. Et il admet que lui aussi, parfois, il a peur que ça lui arrive et qu'il aimerait bien que, le soir, quand il quitte son cabinet, sa maman le prenne dans ses bras pour le réconforter. 

par Olivier Hugon