Usain Bolt remporte son huitième titre mondial

Impérial, Usain Bolt a remporté son huitième titre mondial en enlevant le 4 x 100 mètres avec ses coéquipiers à Moscou. Il devient ainsi l'athlète le plus titré lors de championnats du monde.
07 août 2015, 11:41
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Usain Bolt a survolé l'épreuve, comme à son habitude.

Même en n'étant pas au top de sa forme, Bolt plane sur le monde.  L'homme a révélé une nouvelle facette de son talent à Moscou en  gérant parfaitement sa semaine, avec application. Pour la première  fois peut-être depuis les cinq ans qu'il domine le monde, il ne  s'est pas présenté à une compétition majeure dans une condition qui  lui aurait permis de battre les records du monde. 

Qu'à cela ne tienne: le Jamaïcain, plus concentré que  d'habitude, a fait le spectacle tout en réalisant des chronos  remarquables. En finale du 4 x 100 m dimanche, il a encore pris une  part décisive au succès de la Jamaïque (37''36), devant les  Etats-Unis. Même sans Yohan Blake (blessé) ni Asafa Powell, les  flèches en «jaune et vert» se montrent intraitables. 

Bolt a cimenté un peu plus sa légende. Il trône désormais en  tête des athlètes les plus titrés dans l'histoire des Mondiaux,  avec huit sacres (sur 100, 200 et 4 x 100 m), tout comme Michael  Johnson, Carl Lewis et Allyson Felix, mais avec davantage de  médailles d'argent (deux). A cela s'ajoutent ses six titres  olympiques. Sa seule défaite depuis 2008 dans une épreuve majeure  reste celle sur le 100 m des Mondiaux 2011 à Daegu, où il avait été  disqualifié pour faux départ. 

A Moscou, Bolt avait déjà triomphé sur 100 m (9''77) le week-end  précédent et sur 200 m samedi (19''66).  
Il a visiblement pris grand plaisir dimanche à faire un nouveau  pied de nez aux relayeurs américains aux côtés de ses camarades  Nesta Carter, Kemar Bailey-Cole et Nickel Ashmeade. Il quittera  Moscou sans record du monde, mais avec l'assurance qu'il peut  dominer la planète quelques saisons encore.  

«Mon but est de rester en bonne santé et de tenter un nouveau  triplé aux JO de Rio» (en 2016), a-t-il souligné. «Mais je vieillis  et je dois m'entraîner dur. Je ne peux plus me permettre de sortir  et faire la fête autant qu'avant.» 

La Russie dame le pion aux Etats-Unis 

Dans un style différent, Shelly-Ann Fraser-Pryce s'est profilée  comme la grande dame de ces joutes. La fusée de poche (1m52) a  encore réalisé un dernier relais de feu pour emmener ses  coéquipières jamaïcaines vers un nouveau sacre en 41''29, deuxième  chrono de tous les temps. Les Etats-Unis finissent 2es (42''75)  après la disqualification de la France. 

Déjà sacrée sur 100 et 200 m, Fraser totalise trois couronnes  cette semaine, qui s'ajoutent à ses deux titres des Mondiaux 2009.  Elle est également double championne olympique. 

La Jamaïque a ainsi réussi un carton plein sur le sprint à  Moscou: six épreuves, six victoires! Cet exploit lui permet de  rivaliser au tableau des médailles avec les Etats-Unis, qui doivent  se contenter également de six titres. Une grande déception pour le  pays de l'oncle Sam, nation historiquement dominatrice de  l'athlétisme, seulement deuxième cette fois au tableau d'honneur  derrière la Russie (sept titres). 

Tamgho de retour 

L'ultime journée a encore été marquée par le formidable retour  au premier plan de Teddy Tamgho, qui a enfin apporté un titre à la  France en gagnant le triple saut (18m04). Le Parisien n'avait plus  disputé de compétition internationale depuis deux ans, après sa  blessure à la malléole en 2011 et son altercation avec une jeune  athlète française, qui lui avait valu six mois de suspension ferme. 

La dernière journée fut kényane également avec le sacre - le  deuxième d'affilée - d'Asbel Kiprop sur 1500 m (3'36''28) et celui  de l'inattendue Eunice Sum sur 800 m (1'57''38). 

A noter que, pour la quatrième fois dans l'histoire des joutes planétaires, aucun record du monde n'a été battu.