Le canton de Genève introduit la circulation alternée volontaire

Le gouvernement genevois veut croire dans la responsabilité des usagers de la route. Il veut encourager les automobilistes à moins utiliser leur véhicule à moteur lors des pics de pollution de l'air aux particules fines survenant durant l'hiver. Il a décidé d'expérimenter la circulation alternée volontaire.
08 nov. 2016, 14:48
/ Màj. le 08 nov. 2016 à 14:49
Pour veiller au respect de la circulation alternée, quelque 700 policiers sont mobilisés à Paris. Combien à Genève?

Cette mesure sera activée lorsque la concentration de particules fines dépassera 75 microgrammes par m3. Ces épisodes interviennent en moyenne deux fois par an, a rappelé mardi devant la presse le conseiller d'Etat Luc Barthassat. La circulation alternée permettrait de diminuer la pollution d'un peu moins de 20%.

"Avant de sanctionner, nous voulons responsabiliser les gens", a ajouté le magistrat. La circulation alternée fonctionne selon les numéros de plaques minéralogiques des véhicules. Les titulaires de numéros pairs renoncent à circuler en dehors des jours pairs et ceux ayant des numéros impairs font l'inverse.

Un problème de santé publique

Le responsable du département de l'environnement, des transports et de l'agriculture a rappelé que la pollution atmosphérique constitue un danger invisible qui cause environ 3000 décès prématurés en Suisse chaque année. Les personnes souffrant de problèmes respiratoires et cardiaques sont les plus exposées.

A Genève, le trafic routier est la principale source d'émissions de particules fines dans l'air. Il représente 30% de la pollution environ. Pour limiter les concentrations de ces particules, le canton a déjà imposé une limitation de vitesse à 80 km/h sur l'autoroute de contournement.
Lors des pics de pollution, les billets des Transports publics genevois (TPG) coûtent aussi moitié moins et le covoiturage est encouragé. Il y a également comme solution la marche et le vélo, a souligné M. Barthassat, surtout quand on sait qu'à Genève, un tiers des trajets effectués en voiture sont de moins de trois kilomètres.

En introduisant cette circulation alternée sur une base volontaire, le magistrat n'a pas voulu brusquer les Genevois. "Il faut y aller par étapes", a-t-il déclaré. La circulation alternée obligatoire est prévue dans un règlement, mais pour des taux de pollution très élevés. La mesure n'a encore jamais été activée.