Morges: le chant du cygne pour le choeur Pro Classica

Après quatre décennies et demi au service de la musique, l'ensemble Pro Classica a mis fin à ses activités. Il s'est sabordé lors d'une récente assemblée générale extraordinaire.
07 août 2015, 14:29
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
En 2013, au temple, Pro Classica marque les cent ans de la naissance du compositeur britannique Benjamin Britten. Son chef, Michel Dumonthay, porte la double casquette de directeur artistique du Nouvel orchestre de Genève, l'un des participants incontournables de ces concerts morgiens.

Depuis 45 ans, à la fin du mois de novembre, les concerts du chœur Pro Classica étaient, à Morges, un rite d’automne immuable, une respiration bienvenue, juste avant la frénésie de Noël.

Les portes du temple, où se tenaient généralement ces soirées mettant en présence chanteurs et amateurs de grand répertoire choral, dans de moments de qualité et d’intensité, resteront closes non seulement pour ce millésime 2014, mais définitivement.

La société, fondée en 1970 par Pierre Reymond, professeur, puis directeur du Conservatoire de Morges, a été, en effet, officiellement dissoute lors d’une assemblée générale le 30 octobre dernier. La nouvelle a été rendue publique par le biais du journal communal Reflets.

Les causes de cette décision sont, en substance, diverses et banales : manque de motivation des membres pour s’investir dans le fonctionnement quotidien de la société,- le dernier président avait jeté l’éponge au début de l’année, sans pouvoir être remplacé, de même que trois autres membres du comité, eux aussi démissionnaires-, mais encore l’érosion progressive des effectifs, en particulier du côté des voix mâles et des jeunes.

«On est passés de 50 -70 choristes dans les belles années, à 38 aujourd’hui. On ne peut plus continuer ainsi», explique Christiane Noverraz, qui, avec 24 ans d’engagement, dont trois à la présidence au tournant du siècle, fait office de mémoire du chœur.
Lors de la dernière apparition de celui-ci, dans le cadre des représentations de «Manru», l’opéra de Paderewski, au début octobre à Beausobre, seuls 24 chanteurs s’étaient laissés tenter par cette œuvre du compositeur polonais, inédite en français.

Phénomène évoqué, par ailleurs, le tourisme choral qui incite les chanteurs à papillonner d’une saison à l’autre, au hasard des attraits d’une programmation plus rassembleuse.

Au bénéfice d’un congé, en raison de son mandat politique, le syndic Vincent Jaques, entré à Pro Classica à l’âge de 20 ans, avant d’en assurer la présidence de 2002 à 2004, prend acte. «Il faut parfois savoir tourner la page pour créer quelque chose de neuf», conclut-il, entre tristesse et espoir.

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