Une exposition sur le XVIIIe siècle

Des artistes contemporains donnent leurs visions du XVIIIe siècle dans la nouvelle exposition du château.
07 juin 2017, 15:37
/ Màj. le 07 juin 2017 à 15:42
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La dernière exposition temporaire du château de Nyon intitulée «Un bal masqué. XVIIIe siècle & art contemporain» est à découvrir du 9 juin au 26 novembre. L’exposition temporaire fait dialoguer des créations d’artistes contemporains avec des objets du XVIIIe siècle issus des collections du musée nyonnais. 

«Au départ d’un exposition, il y a souvent une œuvre qui donne l’impulsion», explique Vincent Lieber, conservateur du château Nyon. Cette fois  c’est le travail de l’artiste anglais d’origine nigérienne Yinka Shonibare MBE qui a rempli cette fonction. Dans son installation The Crowning, l’artiste reproduit la peinture de Jean-Honoré Fragonard, L’Amant couronné. Mais ici, les protagonistes en plus d’être décapités, sont vêtus d’habits confectionnés en tissus «wax» très utilisés en Afrique. «L’artiste fait un parallèle entre les disparités sociétales du siècle des Lumières qui ont abouties à la Révolution française et celles qui existent aujourd’hui à l’échelle mondiale», explique Vincent Lieber. 
Pour prolonger cette réflexion, A Masked Ball, une vidéo elle aussi réalisée par Yinka Shonibare MBE,  met en scène l’assassinat de Gustave III, roi de Suède, survenu lors d’un bal masqué. Les protagonistes du film, habillés là-encore de vêtements en tissus africains, festoient et dansent avant qu’un assassin n’abatte le monarque. «Une manière pour l’artiste de souligner l’arrogance des classes aisées et les conséquences funestes qui peuvent en découler», observe Vincent Lieber. 

Source d’inspiration

Dans une autre salle, des tenues du XVIIIe côtoient des créations récentes de l’Italien Gianni Versace et de la Britannique Vivienne Westwood, des habits prêtés par le Musée suisse de la mode d’Yverdon-les-Bains. «Avec son style opulent, le XVIIIe est une source d’inspiration particulièrement féconde pour la mode», commente le conservateur du musée nyonnais. 
La peinture sait aussi puiser dans cet important patrimoine comme en témoigne les imposantes acryliques sur toile réalisées par le Belge Jan de Vliegher. «Il a notamment produit deux portraits de pièces en porcelaine provenant de nos collections. Je parle bien de véritables portraits au sens pictural du terme. C’est une approche très intéressante et peu commune pour la porcelaine qui est souvent reléguée au rang de décor», analyse Vincent Lieber. 

par Gregory Balmat