Parole d’experts: l’impôt minimal n’est pas une bonne nouvelle pour la Suisse

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Fiscalité Pour certains cantons «les mieux positionnés fiscalement», l’impôt minimal mondial de 15% pour les grandes entreprises envers lequel le G7 s’est engagé samedi, n’est pas une bonne nouvelle, selon deux professeurs d’économie.

 06.06.2021, 09:34
Pour la Suisse, l'essentiel est d'avoir un ensemble de conditions cadre concurrentielles, a réagi dimanche le Département fédéral des finances (DFF).

Le soutien des ministres des finances du G7 à un impôt minimal mondial de 15% pour les grandes entreprises n’est pas une bonne nouvelle pour la Suisse, affirment deux économistes. Certains cantons vont se retrouver sous pression, estiment-ils.

«Les paradis fiscaux, souvent de très petits États, vont souffrir, mais c’est le but recherché», a déclaré Jan-Egbert Sturm, professeur d’économie à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich dans un entretien diffusé dimanche par la SonntagsZeitung. 

La concurrence fiscale entre cantons va se réduire.
Jan-Egbert Sturm, professeur d’économie

M. Sturm n’imagine cependant pas de graves conséquences pour la Suisse. 

A lire aussi : Accord «historique» au G7 sur un taux mondial pour l’impôt sur les sociétés «d’au moins 15%»

Statuts fiscaux spéciaux

Interrogé dans le téléjournal de la télévision alémanique SRF samedi soir, Christoph Schaltegger, professeur d’économie aux universités de Lucerne et de Saint-Gall, voit également «un certain risque» pour les cantons les mieux positionnés fiscalement, notamment ceux de Suisse centrale. «Pour ceux-ci, il serait nécessaire d’agir. Ils devraient augmenter les impôts».

Au final, nous aurons probablement un système fiscal différent.
Christoph Schaltegger, professeur d’économie

Le professeur ne pense pas que les grandes sociétés commerciales paieront plus d’impôts sur leur bénéfice avec un taux d’imposition minimal mondial. «Au final, nous aurons probablement un système fiscal différent, des taux d’imposition plus élevés, mais une base quelque peu plus trouée que celle que nous avons actuellement». 

Les puissances du G7 ont trouvé samedi à Londres un accord historique sur un impôt harmonisé d’au moins 15% pour les grandes entreprises. Elles se sont aussi engagées à taxer les multinationales là où elles réalisent leurs bénéfices et non plus seulement là où elles sont enregistrées, souvent dans des pays à la faible pression fiscale.

Pour la Suisse, l'essentiel est d'avoir un ensemble de conditions cadre concurrentielles, a réagi le Département fédéral des finances (DFF).

ATS

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