Les États-Unis en passe d'éviter de finir dans le "mur budgétaire"

La Maison Blanche et ses adversaires républicains sont parvenus à un accord budgétaire lundi soir, ont indiqué plusieurs sources. Il permet d'envisager aux Etats-Unis d'éviter de justesse la cure d'austérité forcée du "mur budgétaire".

01 janv. 2013, 08:00
Cet accord permettrait permet d'éviter de justesse une cure d'austérité forcée.

Selon un responsable démocrate, le vice-président Joe Biden et le chef de la minorité républicaine au Sénat Mitch McConnell ont conclu un compromis au terme de tractations ardues. Il augmenterait les impôts des Américains les plus aisés et repousserait de deux mois toute coupe dans les dépenses.

Cet accord devra encore être entériné par le Sénat à majorité démocrate et la Chambre des représentants aux mains des républicains. M. Biden s'est déplacé lundi soir au Capitole de Washington pour convaincre les sénateurs démocrates, avec lesquels il a siégé pendant 36 ans, d'accepter ce marché.

Si...

Si les deux assemblées donnent leur feu vert, les Etats-Unis éviteront in extremis le "mur budgétaire" qui leur était promis, cocktail de hausses d'impôts dues à l'expiration des cadeaux fiscaux hérités de la présidence de George W. Bush et de coupes drastiques dans les dépenses, fruit d'un marchandage datant de 2011 au Congrès.

Vu le manque de temps pour organiser le vote, la Chambre a déjà renoncé à se prononcer lundi sur un éventuel texte, ce qui signifie que la collision avec le "mur budgétaire" aura techniquement lieu à minuit (06h00 mardi en Suisse). Un vote au Sénat restait possible lundi soir, selon un responsable républicain.

Mardi

Si les membres du Congrès ne parviennent pas à tomber d'accord avant le passage à la nouvelle année, tout ne sera cependant pas perdu. À partir de mardi, le Congrès peut théoriquement adopter des mesures rétroactives sur tout ou partie des dossiers en suspens.

Les élus ont discuté lundi d'un projet qui modifierait largement les hausses d'impôts et dans une moindre mesure les coupes budgétaire prévues. L'entrée en vigueur de la réduction de 109 milliards de dollars du budget de la défense et de projets de politique intérieure, prévue le 2 janvier, sera repoussée de deux mois, selon le sénateur républicain John McCain.

Parmi les autres mesures de ce plan proposé, figure la hausse du taux d'imposition sur le revenu des Américains les plus riches alors que la classe moyenne ne sera pas touchée, ainsi que le souhaite le président Barack Obama. L'accord prévoirait un relèvement du taux d'imposition de 35% à 39,6% sur les revenus supérieurs à 400.000 dollars par an.

Les républicains s'opposaient jusqu'à présent à toute hausse de l'impôt sur le revenu, tandis que les démocrates plaidaient pour un relèvement du taux d'imposition sur les revenus supérieurs à 250.000 dollars.