WEF 2013: régulation globale pour un monde de la finance divisé

Le monde de la finance est divisé sur la régulation de ses activités après les récents scandales. Ses représentants ont en majorité demandé mercredi au WEF à Davos des mesures plus globales.

23 janv. 2013, 16:40
Selon Axel Weber, président de l'UBS, les mesures prises ne permettront pas de résoudre les problèmes à plus long terme.

Les mesures prises ne permettront pas de résoudre les problèmes "à plus long terme", a estimé lors d'une table ronde le président d'UBS Axel Weber. "Nous vivons une meilleure vie" sur le dos des générations futures, estime-t-il. Il appelle encore le monde de l'économie à faire des ajustements.

Il regrette par ailleurs que les efforts comme les critères de solvabilité de Bâle III soient appliqués de manière différenciée selon les pays. "Nous avons besoin de standards et de règles globales" sous peine d'être confrontés à des problèmes plus importants à l'avenir.
 
Mais les systèmes de financement de l'économie ne sont pas les mêmes partout. Aux Etats-Unis, 70% du volume des bilans des banques vient du marché des capitaux alors qu'en Europe, une proportion identique est issue des activités de crédits.
 
FMI pas satisfait
 
Les banques doivent changer de stratégies après les scandales, notamment celui du Libor. Et Axel Weber de rappeler que la sienne souhaite se concentrer sur les activités de gestion de fortune.
 
Cinq ans après le début de la crise financière, le secteur financier "a encore un long chemin à faire", a fait remarquer de son côté le directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI), Min Zhu. Sa part dans le PIB est toujours trop importante, la transparence des banques est insufisante et les produits sont encore trop compliqués, a-t-il ajouté.
 
Des éléments contestés aussi bien par le patron de la banque américaine JP Morgan Chase, James Dimon, que par un représentant de sociétés de hedge funds, Paul Singer. Il faut accepter le fait que l'activité des banques inclut des risques, souligne M. Dimon.
 
Plus que la taille des banques, l'effet de levier et l'opacité posent problème, pour M. Singer. Par ailleurs, JP Morgan a dû payer 5 milliards de dollars pour des erreurs de petites banques, s'indigne M. Dimon.
 
Appel lancé
 
Autre problème pour M. Min, la régulation des "banques parallèles" ("shadow banks") n'est pas encore réalisée. Mais selon M. Weber, elles seront probablement peu concernées.
 
Le dirigeant de l'assureur britannique Prudential a pour sa part relativisé la marge de manoeuvre du secteur. "Personne ne peut dire ce qui est optimal pour le secteur financier", selon Tidjane Thiam. Et il prévoit d'autres crises financières à l'avenir. Mais il se demande, tout comme M. Weber, qui financera les activités économiques si les investisseurs ne peuvent plus alimenter les banques.
 
Autre élément évoqué, le rôle des banques centrales ne doit pas être surestimé. Selon M. Weber, elles ont bien agi pendant la crise de la zone euro. "Elles peuvent acheter du temps mais les enjeux plus profonds restent présents". Et les gouvernements doivent aussi proposer de bonnes politiques économiques, notamment en terme de fiscalité, selon M. Dimon, une revendication partagée par nombre de ses homologues.