Brexit: Nigel Farage démissionne de la tête du parti Ukip

Nigel Farage a annoncé lundi matin sa démission à la tête du Ukip, parti pro-brexit. Ne souhaitant pas de carrière politique, il abandonne le bateau à la dérive.
04 juil. 2016, 11:26
Nigel Farage a décidé de quitter ses fonctions à la tête du parti UKIP.

Nigel Farage a annoncé lundi qu'il allait démissionner de ses fonctions de président du parti europhobe et anti-immigration Ukip. Il estime "avoir fait sa part" après le succès des partisans du Brexit au référendum du 23 juin.

"Je n'ai jamais été, et je n'ai voulu, être un politicien de carrière. En faisant de la politique, mon objectif était de sortir la Grande-Bretagne de l'Union européenne", a déclaré M. Farage, 52 ans, devant la presse. "Je pense donc qu'il est juste que je m'écarte de la direction d'UKIP."

Cet ex-trader avait déjà démissionné de la tête du parti en 2009 puis en mai 2015, après avoir échoué à se faire élire à Westminster, mais il était revenu sur sa décision trois jours plus tard.

"Le dernier des lâches"

Nigel Farage a précisé qu'il continuerait de soutenir la formation politique qu'il a créée en 1993. Député européen depuis 1999, il se rendra également à Bruxelles pour surveiller "comme un faucon" les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Sa décision a été critiquée par l'eurodéputé allemand Manfred Weber. Le chef de file du groupe conservateur (PPE) au Parlement européen l'a qualifié sur Twitter "de dernier des lâches à abandonner le chaos dont il est responsable".

Après le retrait surprise jeudi de l'ex-maire de Londres Boris Johnson de la course à la succession du Premier ministre David Cameron, la campagne du Leave perd en effet sa deuxième figure de proue.

 

Leadsom veut aller vite

M. Farage a défendu la nomination d'un Premier ministre issu des rangs pro-Brexit, tout en refusant de donner sa préférence. Parmi les cinq candidats en lice, la secrétaire d'Etat à l'énergie Andrea Leadsom s'est engagée lundi à "respecter" le choix des Britanniques de sortir de l'UE. Elle a espéré ouvrir les négociations avec l'Europe "le plus rapidement possible".

"La liberté de circulation prendra fin et le Parlement britannique décidera du nombre de personnes qui entreront chaque année dans le pays", a-t-elle annoncé dans son premier discours de candidate à Westminster.

Les deux favoris restent toutefois les ministres de la justice Michael Gove et de l'intérieur Theresa May. Cette dernière a reçu lundi le soutien du chef de la diplomatie britannique Philip Hammond, après celui de son collègue de la défense Michael Fallon dimanche.

Le cabinet d'avocats londonien Mishcon de Reya a annoncé avoir lancé une procédure exigeant que le Parlement se prononce sur le Brexit avant que ne soit formellement enclenché le mécanisme prévu par les traités européens. Selon lui, seule une loi du Parlement peut tenir lieu de point de départ à l'activation des dispositions prévues dans l'article 50 du traité de Lisbonne.