Cas de torture dans des hôpitaux à Homs

Les images diffusées sur «Channel 4» dans la nuit de d'hier à aujourd'hui sur des tortures pratiquées à Homs sont choquantes, a affirmé le porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme.
05 août 2015, 15:50
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«Les images montrées sur Channel 4 la nuit dernière sont vraiment  choquantes et malheureusement tout-à-fait en accord avec les  informations réunies par la commission d'enquête mandatée par le  Conseil des droits de l'homme», a affirmé le porte-parole du Haut  Commissariat à Genève Rupert Colville.

Il a rappelé que «la brutalité des forces sécurité syriennes est  bien connue» et «qu'un certain nombre de services de renseignements  agissent comme des organes indépendants et sont impliqués dans des  activités qui dépassent leurs fonctions officielles».

«Ils jouissent de l'immunité», a-t-il ajouté en rappelant que le  comité de l'ONU contre la torture avait déjà dénoncé en 2010 un  usage à large échelle et routinier de la torture dans les prisons en  Syrie.

Dans des hôpitaux

Dans son rapport publié le mois dernier, la commission d'enquête  de l'ONU décrit comment les agents de sécurité syriens continuent de  systématiquement arrêter les patients blessés dans les hôpitaux  publics et de les interroger, en utilisant souvent la torture, a  indiqué Rupert Colville.

«La commission a obtenu des preuves que les hôpitaux militaires  de Homs et Lattaquié ont été transformés en centres de torture», a-t- il dit.

«Les agents de sécurité, parfois accompagnés par du personnel  médical, ont enchaîné des patients sérieusement blessés à leur lit,  les ont électrocutés, les ont frappés sur leurs blessures ou leur  ont refusé toute assistance médicale et eau». Des représailles sont  exercées sur le personnel médical qui refuse de collaborer.

Habillés en médecins

Les tortures et assassinats ont eu lieu à l'hôpital militaire de  Homs, l'hôpital montré par le film de Channel 4, a ajouté le porte- parole du Haut Commissariat. Le document de la chaîne de télévision  britannique montre que les tortures ont été commises par des agents  de sécurité habillés en médecins et agissant en complicité avec le  personnel médical, a souligné le porte-parole.

«Comme les gens ont peur de se rendre dans les hôpitaux publics,  des cliniques ont été improvisées dans des mosquées et chez des  privés qui sont aussi devenues la cible» des forces de sécurité, a  déclaré M. Colville.

Les hôpitaux privés et les conducteurs d'ambulance ont été  incités à ne pas porter assistance aux manifestants blessés, mais à  les transporter dans les hôpitaux publics ou militaires.

Depuis un an, «de très nombreux témoignages ont été recueillis  sur l'obstruction et le refus d'une assistance médicale à des  blessés et des malades», a-t-il encore dit. Beaucoup de blessés  n'ont pu recevoir aucun traitement.