Centrafrique: vers un échec des pourparlers

Les négociations de paix en Centrafrique se dirigent vers un échec. Ni le pouvoir, ni les rebelles, ne semblent prêts à faire des concessions.

10 janv. 2013, 14:32
Ni le pouvoir en place ni les rebelles ne sont prêts à faire des concessions.

Un sérieux échec menaçait jeudi les pourparlers de paix centrafricains de Libreville. Le pouvoir et des rebelles ne sont pas parvenus à s'entendre, refusant de faire des concessions. L'opposition continue d'exiger le départ du président François Bozizé et sa traduction devant la Cour pénale internationale.

Interrompues sans accord mercredi vers minuit, après 12 heures de discussions, les négociations ont repris jeudi matin sous l'égide de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC).

Le président Bozizé, très fragilisé face à la rébellion du Séléka qui s'est emparée en quelques semaines de la majeure partie du pays, est attendu en début d'après-midi à Libreville pour un sommet des chefs d'Etat de la région, selon la même source.

Cessez-le-feu demandé

Ses homologues congolais, Denis Sassou Nguesso, médiateur dans ce conflit, et tchadien Idriss Deby sont eux arrivés jeudi matin. Idriss Deby, président en exercice de la CEEAC, avait en 2003 aidé Bozizé à prendre le pouvoir par un coup d'Etat à Bangui. Les médiateurs espèrent au moins obtenir un cessez-le-feu.

"Le cessez-le-feu est très important, il pourrait aider à calmer l'anxiété des gens qui ont vraiment peur (...). Que les forces se retirent sur des positions neutres et que les gens puissent revenir chez eux", a déclaré la Représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies en République centrafricaine, Margaret Vogt.

"C'est un objectif très modeste, ensuite on pourra parler du reste", a-t-elle ajouté. "Le gouvernement centrafricain ne veut rien entendre des revendications des rebelles, ces négociations vont accoucher d'une souris", estimait mercredi soir, pessimiste, un responsable de la CEEAC.

Bozizé accusé de crimes de guerre

Le Seleka a clairement répété son leitmotiv: le départ de Bozizé, lequel refuse catégoriquement, estimant qu'il a "perdu une bataille, mais pas la guerre".

"Il n'y a pas d'autre alternative, rien que le départ de Bozizé. L'unique mal des Centrafricains, c'est Bozizé, c'est tout", a déclaré un porte-parole de la rébellion. Le Séléka exige aussi "qu'une procédure soit engagée devant la Cour pénale internationale de la Haye contre François Bozizé".

La rébellion, étayant sa demande de rapports d'Amnesty International sur les violations des droits en Centrafrique, accuse le président "de crimes de guerre et crimes contre l'humanité".

Il lui reproche également des "arrestations, détentions et séquestrations arbitraires, enlèvements, disparitions, assassinats et exécutions sommaires".