Crash dans le Sinaï: Daesh publie la photo d'une bombe dissimulée dans une canette de soda

Une simple canette de Schweppes, un détonateur et un mécanisme de mise à feu artisanal. C'est tout ce qu'il a semble-t-il fallu aux terroristes de Daesh pour faire exploser en vol l'avion de la compagnie russe Metrojet, le 31 octobre dernier, au-dessus du Sinaï égyptien. L'organisation a publié mercredi des photos d'un dispositif similaire dans sa revue "Dabiq". Des experts estiment l'explication plausible.

19 nov. 2015, 07:26
Un dispositif ultra simple, que n'importe qui ou presque pourrait bricoler dans son salon.

Si les affirmations de Daesh sont confirmées par l'enquête, il suffirait d'une canette de soda, d'un détonateur et de quelques bouts de fils électriques pour faire exploser un avion en plein.

Mercredi, la Russie a reconnu que c'était bien un attentat terroriste qui était à l'origine du crash de l'Airbus A321 de la compagnie Metrojet, le 31 octobre dernier, dans le Sinaï égyptien. 224 personnes avaient alors perdu la vie. 

Dans la journée, Daesh a publié, dans sa revue de propagande "Dabiq", une photo qui a depuis fait le tour du monde. Sur fond bleu, ont été soigneusement disposés: une canette de Schweppes Gold, comme on peut en boire dans n'importe quel avion de ligne, un petit détonateur et ce qui semble être un appareil de mise à feu artisanal. Le tout est présenté comme la copie du dispositif qui a fait exploser l'appareil en plein vol.

Le New York Times a interrogé des experts en explosifs pour savoir si une telle explication était plausible ou s'il ne s'agissait là que de propagande destinée à terrifier la population et à recruter de nouveaux terroristes en herbe. Et leur réponse a été quasi unanime: d'une part, ce genre de bombe artisanale n'a rien de nouveau ou de surprenant et, d'autre part, un artificier expérimenté peut en fabriquer sans aucune difficulté. 

En décortiquant le système, ces experts ont estimé, sur la base de ces images, que le dispositif de mise à feu (tout à droite) contenait certainement, en plus des fils électriques visibles, des piles, dissimulées sous le scotch noir et nécessaires à l'allumage du détonateur, qui, à son tour agirait sur la substance explosive située à l'intérieur de la canette. Les analystes ont estimé qu'elle pouvait contenir davantage d'explosif qu'une grenade conventionnelle. Et, en 2004, un avion russe s'était déjà crashé suite à l'explosion de deux grenades.

Le trou au fond de la canette montre qu'elle a été remplie avec de la pâte explosive, plutôt qu'avec un explosif liquide. L'un des spécialistes a précisé que le contenu d'une seule boîte permettait effectivement d'endommager très sérieusement un avion, mais probablement pas de le détruire en vol. Selon son emplacement, la bombe serait toutefois capable de provoquer une grosse brèche dans la carlingue de l'aéronef, qui, à haute vitesse, pourrait littéralement se déchirer.

Les experts précisent encore que la mise à feu d'un tel système peut se faire à distance - les deux fils électriques jouant alors le rôle d'antenne - ou grâce à un minuteur. Mais tous, conscients de la force de la propagande islamiste, restent prudents quant à l'authenticité d'une telle bombe.