Des combats à l'aéroport de Kandahar font près de 30 morts

Une offensives des talibans autour de l'aéroport de Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, a fait près de 30 victimes. Six personnes sont toujours retenues en otage, selon les autorités.

09 déc. 2015, 11:15
Les talibans ont de leur côté avancé le chiffre de 150 morts dans les rangs de l'armée.

Les combats entre forces de sécurité et talibans se poursuivaient mercredi à Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan. Les rebelles se sont attaqués la veille à l'aéroport, tuant au moins 18 personnes et en prenant six autres en otage, rapportent les autorités. Neufs talibans auraient aussi perdu la vie.

Le bilan exact de l'attaque restait imprécis alors que l'armée continue à traquer jusqu'à cinq insurgés qui auraient survécu aux violents combats. "Les opérations se déroulent lentement, car les talibans ont pris six personnes en otage, dont deux femmes et deux enfants, donc nous devons agir avec prudence", a déclaré Dawood Shah Wafadar, le commandant d'une unité de l'armée.

Selon lui, 18 civils et membres des forces de sécurité ont été tués et 11 autres blessés. Neuf talibans ont également trouvé la mort, sur les 14 combattants que comptait probablement le commando.

Pas de victimes à l'OTAN

Les talibans ont de leur côté avancé le chiffre de 150 morts dans les rangs de l'armée. Dans un communiqué, ils ajoutent que la base militaire de l'aéroport a été attaquée par des kamikazes équipés d'armes lourdes. Le groupe fondamentaliste est connu pour exagérer le bilan de ses attaques.

Aucune victime n'a été signalée parmi les militaires étrangers, qui sont plusieurs centaines sur le site, a indiqué un porte-parole de la mission de l'OTAN en Afghanistan.

L'offensive coïncide avec la visite à Islamabad du président afghan Ashraf Ghani à l'occasion de la conférence régionale Heart of Asia. La décision du président Ghani de se rendre au Pakistan laisse espérer des avancées vers une reprise du processus de paix entre le gouvernement afghan et les insurgés islamistes, en partie entravée par la méfiance entre Kaboul et Islamabad.

Talibans divisés

Le Pakistan, qui a une large influence sur les talibans et les a soutenus par le passé, a accueilli en juillet une première session historique de pourparlers. Mais ceux-ci ont rapidement tourné court lorsque les talibans avaient annoncé la mort de leur dirigeant historique, le mollah Omar, survenue en 2013.

Depuis, les talibans sont en proie aux dissensions. Le mollah Akhtar Mansour, son successeur, est contesté par une partie du mouvement et des rumeurs sur sa mort ont couru la semaine dernière, ce qui ne l'empêche pas de rester menaçant. Les talibans, dont Kandahar est le berceau, se sont ainsi brièvement emparés de Kunduz, dans le Nord, en septembre.