Etats-Unis: une femme blessée par balle après les heurts dans l’enceinte du Capitole

Le Capitole a été envahi par les manifestants pro-Trump. Des heurts ont éclaté et une femme a été blessée par balle. Elle se trouve dans un état critique. Le vice-président américain Mike Pence, quant à lui, a fait savoir qu’il ne s’opposerait pas à la certification mercredi de la victoire de Joe Biden à la présidentielle, s’abritant derrière les «contraintes» de la Constitution.

06 janv. 2021, 22:28
Les manifestants ont fait irruption lors des débats de la Chambre des représentants, ont investi les terrasses du capitole et provoqué l'évacuation des bâtiments du Congrès.

Des milliers de manifestants favorables à Donald Trump ont envahi mercredi la colline du Capitole à Washington. Des heurts ont éclaté dans l’enceinte de la Chambre des représentants, plongeant dans la confusion la session qui devait confirmer la victoire de Joe Biden.

Une personne a été blessée par balle, selon plusieurs médias américains. La victime est une femme qui a reçu une balle dans l’épaule, selon un agent cité par le Washington Post. Elle a été évacuée sur un brancard. D’après CNN, elle se trouve dans un état critique.

 

 

«Nous reprenons la Chambre», «c’est notre parlement», a déclaré à l’AFP un manifestant anonyme. Dans une lettre publiée quelques minutes avant l’ouverture de la session du Parlement américain, Mike Pence a expliqué que les «contraintes» de la Constitution ne lui permettaient pas de modifier les résultats du scrutin du 3 novembre, tels que transmis par les Etats.

Dizaine de milliers de manifestants

Dans un geste extraordinaire qui restera probablement dans les livres d’histoire, le milliardaire républicain avait choisi de défier le Congrès en réunissant des dizaines de milliers de ses supporteurs à Washington.

Mais la manifestation a dégénéré. La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour tenter d’évacuer des partisans de Donald Trump qui ont envahi la scène installée pour la prestation de serment de Joe Biden le 20 janvier.

«Si Mike Pence fait la bonne chose, nous gagnons l’élection», avait-il lancé. «S’il ne le fait pas, ce sera une triste journée pour notre pays», a-t-il ajouté, laissant entendre qu’il doutait de l’attitude de son numéro deux.

 

 

Avant que les débats ne sombrent dans la confusion, Mike Pence avait bien commencé à présider la session conjointe de la Chambre des représentants et du Sénat qui doit officialiser le vote de 306 grands électeurs en faveur de Joe Biden contre 232 pour Donald Trump.

Selon la Constitution, son rôle consiste à «ouvrir» les certificats envoyés par chacun des 50 Etats pour transmettre les votes de leurs grands électeurs. Seuls les élus peuvent contester les résultats dans certains Etats.

Objections et retards

Dès le début de la session, des républicains ont émis des objections aux résultats de l’élection dans l’Etat d’Arizona. Les deux chambres se sont alors séparées pour en débattre. De plus en plus isolé, le président américain Donald Trump s’en est pris avec virulence mercredi à son propre camp républicain juste avant que le Congrès n’entérine la victoire de Joe Biden.

Les ténors républicains sont «faibles» et «pathétiques», a-t-il lancé sous un ciel chargé de lourds nuages, à des dizaines de milliers de partisans «Nous n’abandonnerons jamais. Nous ne concéderons jamais» la défaite, a-t-il martelé.

 

 

«Spirale mortelle»

Mais son obstination à contester l’élection de Joe Biden divise le parti républicain. «Si cette élection était invalidée sur la base de simples allégations des perdants, notre démocratie entrerait dans une spirale mortelle», lui a rétorqué Mitch McConnell, le chef des républicains au Sénat.

Le chef des démocrates Chuck Schumer de son côté a estimé que les républicains soutenant Donald Trump s’associaient à «une tentative de coup».

Militaires de la Garde nationale

Des militaires de la Garde nationale de l'Etat de Virginie se dirigeaient mercredi vers Washington. Ils devaient tenter de rétablir l'ordre dans la capitale fédérale en proie à une situation insurrectionnelle.

Ce déploiement de renforts armés a été annoncé par la Maison Blanche ainsi que par Ralph Northam, le gouverneur démocrate de la Virginie, Etat qui jouxte la capitale fédérale.

Condamnations à l'étranger

Les condamnations commençaient à pleuvoir mercredi soir dans le monde après les violences au Capitole à Washington. Le premier ministre britannique Boris Johnson a dénoncé des "scènes honteuses". Berlin a appelé les partisans de Donald Trump à "cesser de piétiner la démocratie"

Le chef du gouvernement de Londres, allié traditionnel des Etats-Unis, a appelé à une transition "pacifique et ordonnée" du pouvoir vers le démocrate Joe Biden.

Toujours sur twitter, le chef de l'Otan Jens Stoltenberg a dénoncé des "scènes choquantes". Il a appelé au respect du résultat de la présidentielle remportée par Joe Biden.

«Rentrez chez vous»

Donald Trump a appelé mercredi ses partisans à "rentrer chez eux", après que plusieurs centaines d'entre eux ont envahi le Capitole à Washington.

 

 

"Nous devons avoir la paix. Alors rentrez chez vous. Je vous aime", a-t-il déclaré dans une brève vidéo. "Je comprends votre douleur. Je sais que vous êtes blessés", a-t-il ajouté. "Cette élection nous a été volée", a-t-il encore dit, réitérant une nouvelle fois des accusations de fraude ne reposant sur aucun élément concret.