Royaume-Uni: le processus du Brexit est lancé

Le moment est historique. Mardi soir, la Première ministre du Royaume-Uni a signé la lettre de déclenchement du Brexit. Un document que Theresa May remettra ce mercredi à Donald Tusk, le président du Conseil européen.
29 mars 2017, 07:19
Theresa May signe la fin d'une histoire entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.

C'est fait: Theresa May a déclenché officiellement le Brexit mardi soir. La première ministre britannique a paraphé la lettre qui stipule que le Royaume-Uni lance les négociations sur sa sortie de l'Union européenne (UE). La missive sera remise mercredi à Donald Tusk.

Sur une photo officielle diffusée peu après 23h00 (heure suisse) par Downing Street, on voit Theresa May en train de signer la lettre d'activation de l'article 50 du Traité de Lisbonne. La missive sera remise au président du Conseil européen Donald Tusk en fin de matinée par l'ambassadeur britannique à Bruxelles Tim Barrow. Son contenu est resté secret, Londres se montrant soucieux de préserver jusqu'à la dernière minute ses arguments de négociations. L'activation de cet article ouvre deux années de pourparlers pour déterminer les conditions de sortie de la Grande-Bretagne de l'UE.

Le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier, avait prévenu la semaine dernière que le Royaume-Uni devrait commencer par solder ses comptes avant de quitter l'UE. Une facture évaluée par un haut responsable européen entre 55 et 60 milliards d'euros. Mais le ministre britannique du Brexit, David Davis, a répondu lundi sur la BBC qu'il ne pensait "pas voir un tel montant changer de main", laissant présager des négociations longues et difficiles.

 

 

"Un allié proche" de l'UE

Avant de signer cette lettre, Theresa May s'est entretenue mardi au téléphone avec Donald Tusk, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker ainsi qu'avec la chancelière allemande Angela Merkel, a indiqué un porte-parole du 10, Downing Street. "Ils se sont entendus sur le fait qu'une Union européenne forte était dans l'intérêt de tous et que le Royaume-Uni resterait un allié proche et engagé", a indiqué ce porte-parole mardi soir.

Appel à l'union sacrée

Les services de Theresa May ont aussi rendu public des extraits du discours qu'elle doit prononcer devant les députés britanniques mercredi dès 13h30 (heure suisse) lorsqu'elle leur annoncera l'activation officielle du Brexit. "Quand je vais m'asseoir à la table des négociations pendant ces prochains mois, je vais représenter toutes les personnes du Royaume-Uni - les jeunes et les vieux, les riches et les pauvres, (...) et oui les citoyens européens qui ont fait de ce pays leur maison", doit-elle notamment déclarer devant le parlement.

 

 

"Face aux opportunités qui se présenteront devant nous lors de ce périple mémorable, nos valeurs partagées, nos intérêts et nos ambitions peuvent et doivent nous rassembler", doit également appeler de ses voeux Theresa May, qui souhaite un pays "sûr pour nos enfants et petits-enfants", "plus fort" et "plus juste".

Faire du Brexit... un succès

"Nous voulons tous vivre dans une Grande-Bretagne vraiment mondiale qui sort et construit des relations avec ses vieux amis et ses nouveaux alliés à travers le monde", doit ajouter la première ministre. Pour tenter d'unir son pays divisé depuis le référendum du 23 juin 2016, Theresa May veut se concentrer sur l'avenir: "Nous ne devons plus être défini par le vote que nous avons fait lors du référendum mais par la détermination de faire de ce résultat un succès". "Nous sommes une grande union de personnes et de nations avec une histoire dont on peut être fière et un avenir brillant", doit-elle aussi marteler.