Prostitution en France: réponse virtuelle aux "343 salauds"

Une pétition contre l'abolition de la prostitution en France signée par "343 salauds" suscite la polémique. Un site propose une riposte plutôt percutante.

31 oct. 2013, 14:26
Les signataires réclament le droit à "leur pute". Le fonds autant que la forme du message ont créé une vague d'indignation.

En réaction à la polémique suscitée par la pétition "Touche pas à ma pute" que lance en France "Le manifeste des 343 salauds", le site 343connards.fr propose de riposter et de tweeter un "mot doux" (pré-écrit) à votre signataire "préféré".

La pétition en question

Une pétition contre l’abolition de la prostitution en France signée par "343 salauds" autoproclamés suscite une avalanche de réactions depuis mercredi matin. Sous le slogan "Touche pas à ma pute" - emprunté à SOS Racisme - les signataires réclament solennellement le droit à "leur pute". Ils s’opposent à une proposition de loi renforçant la lutte contre la prostitution, et qui doit être débattue à l’Assemblée nationale fin novembre.

Parmi les personnalités à avoir paraphé la pétition, on trouve l'écrivain et réalisateur Frédéric Beigbeder, le journaliste Eric Zemmour, l'humoriste Nicolas Bedos, Richard Malka (avocat de DSK), Basile de Koch (le mari de Frigide Barjot) ou encore le chanteur Antoine.

Le magazine français "Causeur" choisi pour publier cette pétition le 7 novembre prochain a finalement décidé de la mettre en ligne sur son site mercredi, suite à l’indignation déjà provoquée sur les réseaux sociaux.

Bien qu’opposée à la pénalisation des clients, Morgane Merteuil, du Syndicat du travail sexuel, dénonce un discours anti-féministe: "Nous ne sommes les putes de personne et encore moins les vôtres", écrit-elle sur le site de "L’Express".

Réactions en chaîne

Le choix de se nommer "343 salauds" n’est pas non plus innocent et participe de la polémique. L’expression fait écho au "Manifeste des 343 salopes" publié le 5 avril 1971 dans "Le Nouvel Observateur" et signé par des femmes revendiquant leur droit à la contraception et l’avortement.

Réaction immédiate de Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement: "Les 343 salopes demandaient à disposer de leur corps, les 343 salauds demandent à disposer du corps des autres".

Mais les réactions outrées ne proviennent pas seulement des milieux féministes ou anti-prostitution. La vague d’indignation touche également des milliers d’internautes qui distillent nombre de messages hostiles sur Tweeter. D'où peut-être l'idée de canaliser toute cette "énergie webienne" sur un site qui propose une réponse cinglante et qui a le mérite de défouler!