Coachés par une nana, et alors?

Coulisses, anecdotes, interviews: l'actualité décalée du BBC Nyon est à retrouver chaque semaine dans la rubrique "Money Time".

18 oct. 2013, 00:01
Julie Le Bris et le BBC Nyon à l'entraînement.

Une équipe masculine dirigée par une femme, ça intrigue. Les journalistes, certains journalistes, surtout. Quelques personnes en tribunes, également. Combien de fois ces questions depuis le début de la saison, pêle-mêle: «Qu’est-ce que ça fait de coacher des hommes?», «Qu’est-ce que ça fait d’être coaché par une femme?», «Etes-vous plus gentille ou plus dure qu’avec des filles?», etc, etc... Evidemment, Julie Le Bris décroche la palme de l’exception. Elle, la seule nana de ligue nationale à la tête d’un groupe de gars.

Dans le langage médiatique, il y a matière à «story»; une histoire à raconter. A l’interne, le sujet n’effleure aucune lèvre au sein du club du Rocher. Les «boys» ont un coach, une coach en l’occurrence, un point c’est tout. D’autant qu’il ne s’agit, en réalité, pas d’une nouveauté. Pour rappel, lors de l’exercice précédent, la Française s’occupait des M23. Cette année, elle se retrouve avec la LNB. Coach et joueurs – dont plusieurs l’ont déjà eue la saison passée – unis par de mêmes envies. Une même vision, une même passion.

Bien sûr, pareille situation sort de l’ordinaire. Mais ensuite? Cela ne peut – ne doit (!) – absolument pas masquer l’essentiel, le basket. Au lancer franc, Julie Le Bris le dit, le répète à ceux qui veulent bien l’entendre, et tant pis pour les sourdes oreilles: elle n’a pas été engagée parce qu’elle est une femme, mais bien pour le projet sportif. D’ailleurs, – et même si le nom est féminin –, la compétence n’a pas de sexe.