100'000 signatures récoltées en deux mois contre les exportations d'armes

Le Parlement, voire les citoyens suisses pourraient bientôt avoir leur mot à dire en matière de ventes d'armes dans les pays en guerre civile. En 2 mois, l'initiative populaire a déjà réuni plus de 100'000 signatures.

08 févr. 2019, 10:51
Les mouvements populaires de l'été dernier se sont transformés en coalition et les résultats de la récolte de signatures sont exceptionnels.

L'initiative sur les exportations d'armes, dite "de rectification", a obtenu plus de 100'000 signatures, ont indiqué vendredi les initiants. Le texte veut que le Parlement voire la population puissent avoir leur mot à dire en matière de critères à fixer pour vendre des armes à l'étranger.

Les signatures ont été récoltées en deux mois seulement, relève dans un communiqué la Coalition contre les exportations d'armes. "Ce soutien historique démontre clairement que la population ne tolère pas les exportations d'armes vers les pays en guerre civile", poursuit-elle.

 

 

Ce texte s'inscrit dans le cadre du débat au Parlement. Le Conseil national a adopté une motion qui demande de donner davantage de prérogatives au Parlement. Actuellement, seul le Conseil fédéral décide des critères en matière d'exportations d'armes.

 

 

Grogne populaire

La discussion avait démarré l'an dernier, lorsque le Conseil fédéral avait annoncé un assouplissement de l'ordonnance en vigueur. Il voulait autoriser des exportations d'armes vers des pays en conflit interne, s'il n'y a aucune raison de penser que les armes seront utilisées dans ce conflit. Après le tollé provoqué par cette décision, le gouvernement est revenu sur sa décision et a décidé de renoncer à ce changement dans l'ordonnance.

 

 

Le débat n'en est pas terminé pour autant au Parlement. La commission de la politique de sécurité du Conseil des Etats se réunit la semaine prochaine pour décider de la suite à donner à la motion PBD "Elargir la base démocratique des exportations d'armes". Martin Landolt, cité dans le communiqué, espère que les signatures des 100'000 citoyens seront prises au sérieux.