Suisse-UE: exclue des projets européens de recherche, l’innovation suisse en danger

La recherche et l’industrie suisses appellent à l’aide. Exclue du programme Horizon doté de cent milliards d’euros, la Suisse perd de son attrait en matière scientifique et économique.
23 janv. 2022, 12:28
La place scientifique suisse est en danger.

Des représentants de l’économie et de la recherche exigent une pleine association de la Suisse au programme de recherche «Horizon Europe» d’ici fin 2022. Après l’abandon de l’accord-cadre, la Suisse doit tout faire pour limiter les dégâts pour les hautes écoles.

Le président du Conseil des EPF, Michael Hengartner, celui de Scienceindustries, Matthias Leuenberger et le président des hautes écoles swissuniversities, Yves Flückiger, estiment dans une interview au SonntagsBlick que le réseautage du pôle de recherche et d’innovation de la Suisse est en danger.

Certains chercheurs suisses en font déjà l’expérience en étant mis à l’écart. Ils ont dû renoncer à diriger différents projets de l’UE. Des subventions sont coupées, des étudiants sont discriminés par rapport à leurs collègues européens et les universités suisses ont des problèmes de recrutement.

Des milliards pour la recherche

La Suisse a été exclue en 2021 d’Horizon, plus grand programme de recherche européen doté d’une centaine de milliards d’euros, en tant que membre à part entière après que le Conseil fédéral a rompu les négociations sur l’accord-cadre de l’UE.

Dans une résolution, les représentants des EPF, des universités et de l’industrie pharmaceutique demandent une association complète à Horizon d’ici fin 2022.

La place économique suisse en danger

En effet, si les chercheurs en Suisse perdent leur accès aux réseaux européens et aux subsides de prestige, la place suisse perdra de son attrait pour attirer les talents. L’industrie de la recherche est également concernée, poursuit le texte.

En outre, la Suisse doit s’attendre à ce que des chercheurs de pointe et des entreprises innovantes partent à l’étranger où ils peuvent solliciter des subventions de l’UE. Cela se traduira par un «affaiblissement substantiel» de la recherche et de l’innovation suisses. La place économique suisse perdrait de son attractivité.

Critique des partis politiques

Les représentants de l’industrie et de la recherche ont également critiqué les partis pour leur immobilisme sur la question européenne. La direction à prendre après la rupture de l’accord-cadre n’est toujours pas claire, selon M. Leuenberger.

par Keystone - ATS