Des milliers d'Erythréens manifestent à Genève contre l'ONU

Venus de nombreux pays d'Europe et même du Canada, des milliers d'Erythréens ont manifesté mardi à Genève contre l'ONU et les conclusions de la Commission d'enquête qui estime que l'Erythrée reste responsable de crimes contre l'humanité qui doivent être traités par la Cour pénale internationale (CPI).
21 juin 2016, 17:24
Les manifestants étaient 10'000 selon les organisateurs et de 3000 à 4000 selon la police.

"Arrêtez" de vouloir "changer le régime" en Erythrée. Plusieurs milliers de ressortissants de ce pays ont protesté mardi à la Place des Nations contre l'ONU et les conclusions de la Commission d'enquête sur l'Erythrée.

Les manifestants étaient 10'000 selon les organisateurs et de 3000 à 4000 selon la police. Ils sont venus de nombreux pays d'Europe et même du Canada, alors que le Conseil des droits de l'homme se penchait sur le rapport de la Commission d'enquête.

 

 

Un document dont l'un des organisateurs a dénoncé la partialité. Un manifestant évoquait lui des "mensonges". Et de mettre en cause l'Ethiopie avec laquelle l'Erythrée est toujours officiellement en guerre. Si ce pays arrête sa politique d'opposition à l'Erythrée, "nous pourrons nous occuper de nous", a dit à l'ats ce responsable pro-gouvernemental sur la question des droits de l'homme.

Début juin, la Commission d'enquête avait dévoilé son rapport dans lequel elle estimait que l'Erythrée reste responsable de crimes contre l'humanité qui doivent être traités par la Cour pénale internationale (CPI). Elle mentionne de l'esclavage, des disparitions forcées, de la torture, de la discrimination ou encore des exécutions extrajudiciaires.

Dirigeants et membres des forces de sécurité ciblés

Ce second document de la commission, lancée en 2014 par le Conseil des droits de l'homme, cible aussi des détentions arbitraires ou des violences sexuelles. Un premier rapport avait été publié en juin 2015.

L'absence d'institutions démocratiques en Erythrée a contribué à un "climat d'impunité" pour les crimes contre l'humanité, avait souligné le président de la Commission Mike Smith. Il a estimé à 300 à 400'000 le nombre de personnes réduites en esclavage.

"Ces crimes ont encore lieu actuellement", a-t-il rappelé. Le rapport les attribue à des dirigeants au plus haut niveau de l'Etat et au parti unique, mais surtout aux forces de sécurité et à de hauts responsables militaires.