Ce que vont devenir les 300 tonnes de bois mises à terre

Plusieurs tonnes du bois des Halles CFF sont destinées à être des copeaux ou déchets, mais une bonne partie aura une deuxième vie.
16 mars 2017, 17:52
/ Màj. le 17 mars 2017 à 09:00
Bernard Vallélian, récupère le bois pour construire des chalets et des greniers.

Trois projets vont valoriser le bois des anciennes Halles CFF, démolies jeudi. 

 

Maison vigneronne

Certaines planches des halles ont un avenir assuré chez Gilles Wannaz. Vigneron à Chenaux, il a récupéré 100m2 de planches pour rénover une partie de sa maison. «C’est un bâtiment classé en note 2 à l’inventaire du patrimoine national, raconte-t-il. Nous avons entamé la rénovation de la maison il y a quatre ans et nous le faisons sur la thématique de la mémoire de la vigne.» Gilles Wannaz ne pouvait donc pas passer à côté du bois des halles, où il a tenu un stand à plusieurs reprises pendant Arvinis: «Il me restait une galerie en bois à créer et elle est entièrement constituée avec les morceaux récupérés ici. Je me souviens que j’avais déjà fantasmé sur ces planches il y a sept ou huit ans. J’avais pris contact avec l’architecte des CFF car je souhaitais les valoriser une fois que les halles seraient détruites.» Ce bois se retrouve donc aujourd’hui à côté d’autres éléments du patrimoine historique vaudois. La maison se trouve dans le domaine viticole Wannaz à la tour de Chenaux, au dessus de Cully. «Cela me laisse un souvenir de ce lieu où j’ai pu découvrir tant de vins fantastique.» La galerie du vigneron est maintenant presque terminée. 

Chalets et greniers

Travaillant avec du vieux bois depuis plusieurs années, Bernard Vallélian, de la Neirigue dans le Canton de Fribourg, a acheté 1000m2 du bois des halles pour son activité professionnelle et personnelle. Il vendra une partie de la matière pour la construction de chalets et utilisera le reste pour la création de greniers: «Ce sont des petites maisonettes en bois que l’on trouvait beaucoup à l’époque à côté des fermes, explique-t-il. On y mettait le grain et les richesses.» Il en fabrique aujourd’hui par passion, pour continuer à faire exister ces maisons qui sont en train de disparaître: «Je veux permettre aux générations futures de connaître ces jolies constructions. Ce sont de vieilles choses qui font partie de l’âme du paysage de nos régions.» Bernard Vallélian a été particulièrement séduit par la qualité de conservation du bois des halles: «Je suis assez sélectif par rapport à la marchandise. Ici, le bois a une belle couleur brunie par les années et le soleil. La patine des planches est inimitable, on voit les veines et un tel résultat demande plusieurs années. C’est rare de trouver du bois comme celui-ci.» Pour le récupérer, il a passé une dizaine de jours sur place avec son équipe, et a dû arracher pas moins de 50kilos de clous.  

Projet estudiantin

Les CFF ont proposé à l’Ecole cantonale d’art de Lausanne de développer des projets avec les étudiants en année propédeutique de design industriel pour revaloriser ce bois: «Ils ont défini qu’ils travailleraient sur le thème du mobilier urbain», explique Crispino Buccino, chef de projet général des CFF. Les étudiants vont imaginer différents projets, pour lesquels ils réaliseront des prototypes. Les meilleurs seront ensuite sélectionnés par un jury: «L’idée est de créer des bancs et assises qui pourraient ensuite prendre place, pendant un certain temps, dans  le futur quartier», ajoute David Monnet, responsable de l’année propédeutique à l’ECAL. Une bonne façon de laisser un souvenir des halles dans le paysage morgien. 

par Samantha Lunder