Un élu de La Côte propose une prime Covid pour le personnel soignant

Le Grand Conseil vaudois soutient le principe d’un geste de reconnaissance ou d’une prime Covid pour le personnel soignant qui est au front durant la pandémie de coronavirus. Une partie de la droite estime toutefois que l’Etat ne doit pas intervenir et qu’il faut laisser agir les acteurs locaux, EMS et hôpitaux.
16 déc. 2020, 15:24
L'Ensemble hospitalier de La Côte (ici l'hôpital de Morges) a déjà décidé d'octroyer une prime spéciale à ses collaborateurs.

Raphaël Mahaim (Verts) a proposé au Grand Conseil de témoigner de manière solennelle sa reconnaissance envers «les personnes qui se mettent au service des autres au prix d’immenses sacrifices au quotidien». Sa résolution, un vœu non contraignant adressé au Conseil d’Etat, a été votée par 77 voix contre 36 et 18 abstentions.

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Ce texte a obtenu le soutien des socialistes, des Verts, des Vert’libéraux, des Libres et d’Ensemble à Gauche, mais pas de la majorité du PLR et de l’UDC. L’«union sacrée» a prévalu sur le principe de la reconnaissance, pas sur les moyens de l’exprimer.

Des actes

Pour les partisans de la résolution, applaudir les soignants ne suffit plus. «Il faut joindre les actes à la parole», a dit M. Mahaim. Son texte réclame une prime Covid ainsi qu’une revalorisation des conditions de travail pour le secteur public et parapublic.

«Les équipes sont à bout de souffle et ont besoin de soutiens tangibles» a renchéri Jean Tschopp (PS). «Cette résolution reste en deçà de ce qui est nécessaire. Il faudra aller plus loin et entendre les revendications du personnel», a ajouté Julien Eggenberger (PS).

Réponses locales

«Tout le personnel mérite une reconnaissance», a expliqué Catherine Labouchère (PLR), présidente de la Fédération des hôpitaux vaudois. «Cette question a été discutée dans chaque établissement. Cela a été fait selon les moyens et le génie local», a-t-elle expliqué.

Pour Nicolas Suter (PLR), il faut éviter les solutions de «type arrosoir». Il convient de laisser agir les directeurs d’EMS et d’hôpitaux, qui sont mieux à même de décider.

Efforts colossaux

La conseillère d’Etat Rebecca Ruiz a assuré que le Conseil d’Etat était «conscient des efforts colossaux» demandés au personnel. Le gouvernement écoutera «avec bienveillance» les demandes qui seront exprimées en plénum.

Elle a rappelé que le CHUV, après la première vague, avait témoigné sa reconnaissance en octroyant jusqu’à deux jours de congé supplémentaires au personnel «très engagé». Elle est en discussion avec les partenaires sociaux et a promis d’examiner la question d’une prime Covid pour le CHUV et le parapublic. «Il faut une égalité de traitement la plus large possible», a-t-elle relevé.