Secret bancaire: Vienne s'accroche, Luxembourg prêt à faire un pas

L'Autriche refuse toujours de lever son secret bancaire, en dépit de la pression grandissante avec le débat en cours sur les paradis fiscaux et la fraude fiscale. Le Luxembourg s'est déclaré quant à lui prêt à faire un pas en ce sens.
07 août 2015, 11:12
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39

"La position de l'Autriche reste inchangée", a expliqué à l'AFP Gregor Schütze, porte-parole de la ministre autrichienne des Finances, Maria Fekter. Il a estimé que les récents événements ne devraient pas modifier à l'avenir le point de vue autrichien.

L'Autriche, ainsi que le Luxembourg, étaient jusqu'à présent les deux seuls pays de l'Union européenne (UE) à refuser, au nom du secret bancaire, de transmettre automatiquement des informations sur les comptes de résidents de l'UE sur son sol à la suite de demandes judiciaires.

Dimanche, le ministre luxembourgeois des Finances, Luc Frieden, dans un entretien au quotidien allemand "Frankfurter Allgemeine Zeitung", a estimé que "la tendance internationale va vers un échange automatique d'informations bancaires. Nous n'y sommes plus strictement opposés".

Accords bilatéraux

Les ministres allemand et français des Finances, le conservateur Wolfgang Schäuble et le socialiste Pierre Moscovici, ainsi que la Commission européenne ont demandé la levée du secret bancaire dans les deux pays. "Je pense que cela va changer, avec de tels développements", avait affirmé vendredi M. Schäuble.

Son homologue autrichienne, Maria Fekter, avait estimé de son côté vouloir privilégier les accords bilatéraux, comme l'Autriche en a signé avec la Suisse (en avril 2012) et le Liechtenstein (en janvier 2013), un chemin que la ministre juge "plus efficace".

Cela permet "d'imposer ces comptes, sans que nous soyons obligés de lever le secret bancaire", avait expliqué encore vendredi la ministre à Bruxelles. "Les gens ont le droit d'avoir leur livret d'épargne protégé, non seulement en termes monétaires, mais également d'un accès démesuré", comme ce serait le cas avec un échange automatique des informations bancaires, a-t-elle ajouté.