Afghanistan: fureur après que des soldats américains ont brûlé des Corans

Des milliers d'Afghans ont manifesté violemment mardi devant la plus grande base militaire américaine d'Afghanistan, près de Kaboul.
05 août 2015, 15:44
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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Ils ont accusé les troupes étrangères d'avoir brûlé des exemplaires du Coran.

Des milliers de personnes se sont massées devant la base de Bagram, à 60 km au nord de la capitale, lançant des cocktails Molotov qui ont mis feu à l'un des portails, a rapporté un photographe de l'AFP sur place.

Le commandant en chef de la force internationale de l'OTAN (Isaf), le général américain John Allen, a lui présenté ses "excuses" au "noble peuple d'Afghanistan" après des "informations" indiquant que "des soldats de la base de Bagram se sont débarrassés de manière inconvenante dans la nuit d'un nombre important de documents islamiques, dont des Corans".

Le général Allen n'a toutefois pas confirmé si des Corans avaient bien été brûlés comme l'assure la police afghane. Il a ordonné une enquête.

Au moins 2'000 manifestants

"Nous avons eu connaissance de ces actes, nous sommes intervenus immédiatement et nous les avons stoppés. Les documents récupérés seront immédiatement pris en charge par les autorités religieuses compétentes", a aussi poursuivi le général Allen.

Les profanations du livre saint de l'islam, ou des actes considérés comme blasphématoires par les musulmans, commis par des soldats étrangers interviennent périodiquement en Afghanistan et déclenchent systématiquement des manifestations violentes.

"Il y a au moins 2'000 personnes, elles manifestent parce que des exemplaires du Coran ont été incendiés à l'intérieur de la base", a déclaré un officier de police.

Autre rassemblement à Kaboul

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Sediq Sediqqi, a confirmé la manifestation ajoutant que des renforts avaient été envoyés à Bagram pour prévenir tout excès de violence.

Un autre rassemblement de 500 personnes a eu lieu à Kaboul, près des principales bases de l'OTAN dans la capitale, sur la route de Jalalabad, mais il s'était déjà dispersé en fin de matinée (heure locale), a déclaré le porte-parole de la police, Ashamat Estanakzaï.

Des atteintes à l'islam, au coutumes et traditions afghanes ou tout simplement à des règles élémentaires de conduite par les troupes de l'OTAN sont relativement fréquentes en Afghanistan.