Allemagne: procès d'un policier aux fantasmes cannibales

Un policier accusé de cannibalisme se retrouve vendredi devant la justice allemande. Il est accusé d'avoir tué et dépecé un homme rencontré en octobre 2013 sur un site dédié au cannibalisme.
07 août 2015, 14:07
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
65503588

Un policier allemand accusé d'avoir tué et dépecé un homme comparaît à partir de vendredi à Dresde (est). Les deux hommes s'étaient rencontrés sur un site où les utilisateurs peuvent partager leurs fantasmes de cannibalisme.

Selon le parquet, cet homme de 56 ans et policier depuis 30 ans, a tué sa victime chez lui en novembre. Il a ensuite découpé son corps en petits morceaux et l'a enterré dans le jardin de sa maison de Hartmannsdorf-Reichenau, un petit village situé près de la frontière tchèque.

Le défunt, un consultant de 59 ans d'origine polonaise, avait fait la connaissance du policier un mois auparavant, par le biais du site internet dédié au cannibalisme.

Cette plate-forme revendique 3000 inscrits et se targue d'être "numéro un pour la viande exotique". Un simple clic permet d'accéder à une boîte de dialogue pour les utilisateurs qui souhaitent aller au-delà de leur imagination.

D'éventuels actes cannibales n'ont jamais pu être démontrés à l'encontre du policier. Mais il devra répondre des accusations de meurtre et d'"atteinte à la paix des morts".

"Il voulait tuer cet homme et l'a coupé en morceaux", a souligné le porte-parole du parquet, Lorenz Haase. L'acte d'accusation évoque la "satisfaction d'un désir sexuel" comme mobile du crime. En Allemagne, le meurtre est passible de la perpétuité même si les condamnés passent rarement plus de 15 années en prison.

"Horreur pure"

Un film de 50 minutes, qualifié d'"horreur pure" par un enquêteur, sera au coeur des débats. Le procès doit durer au moins jusqu'à novembre devant le tribunal régional de Dresde.

Dans cette vidéo réalisée par l'accusé, les images, selon la presse allemande, montrent un homme en caleçon en démembrant un autre, nu, suspendu à un crochet, bâillonné, les mains dans le dos. Dans un premier temps, l'accusé avait avoué avoir emmené la victime dans sa cave et l'avoir poignardé à la gorge pour le tuer. Mais il s'est rétracté depuis, selon son avocat, Endrik Wilhem.

Celui-ci compte justement sur la vidéo pour démontrer que M. Stempniewicz, suspendu par la gorge à une poulie, n'a jamais perdu le contact avec le sol et aurait pu "mettre fin à la strangulation à tout moment". Un rapport d'autopsie affirme que la victime est morte d'asphyxie.

Mauvais souvenir

Suspendu de ses activités au sein de la police criminelle régionale, l'accusé est père d'une fille aujourd'hui adulte. Il vivait avec son compagnon depuis une dizaine d'années. Ce dernier sera l'une des 20 personnes à témoigner devant le tribunal.

Cette affaire a réveillé le souvenir du "cannibale de Rotenbourg", Armin Meiwes, qui en 2001 avait châtré, assassiné, éviscéré et consommé en partie un Berlinois consentant de 43 ans. Il a été condamné à la perpétuité.