Attentats de Paris: les Eagles of Death Metal interdits d'entrée au Bataclan

Samedi, le chanteur Sting donnait un concert très chargé symboliquement à l'occasion de la réouverture du Bataclan, un an après la tuerie qui a fait 90 morts dans la salle de concert parisienne. Des membres du groupe Eagles of Death Metal, qui jouaient le 13 novembre 2015 au moment de l'attaque terroriste, ont été refoulés à l'entrée. Leur leader, Jesse Hughes avait tenu des propos racistes et parlé de complicité chez les vigiles dans la presse après les événements.
13 nov. 2016, 08:39
/ Màj. le 13 nov. 2016 à 08:41
Jesse Hughes avait évoqué la jalousie des Arabes envers les Américains et soupçonné les vigiles d'être complices des terroristes.

Deux membres des Eagles of Death Metal, le groupe américain qui jouait au Bataclan lors de l'attentat du 13 novembre 2015, n'ont pas été autorisés à assister au concert de Sting pour la réouverture de la salle parisienne samedi. Le codirecteur invoque des propos polémiques des artistes.

"Ils sont venus, je les ai virés, il y a des choses qu'on ne pardonne pas", a déclaré Jules Frutos après le concert de Sting en hommage aux 90 personnes tuées.

 

Le chanteur du groupe américain, Jesse Hughes, l'un des deux membres refoulés, avait estimé que l'attaque avait été préparée de l'intérieur de la salle et exprimé des soupçons à l'encontre des vigiles.

Les deux musiciens et leur manager sont venus à Paris pour assister dimanche aux commémorations du premier anniversaire de l'attentat à l'invitation des associations de victimes.

 

"Enough"

"(Jesse Hughes) s'est permis des déclarations tous les deux mois incroyablement fausses. Un délire total, accusant la sécurité d'avoir été complice des terroristes... Enough. Zéro. Point", avait déjà déclaré en début de semaine M. Frutos. Il avait écarté l'idée de programmer au Bataclan le groupe californien, qui après l'attentat avait émis le souhait d'être le premier à rejouer dans la salle.

 

Au printemps dernier, Jesse Hughes avait accordé une autre interview à Taki's Magazine, une publication américaine aux prises de positions extrémistes. Il affirmait avoir "vu des musulmans faire la fête dans la rue pendant l'attaque, en temps réel", ajoutant: "je me souviens d'eux en train de fixer mon pote. J'ai juste mis ça sur le compte de la jalousie des arabes" à l'égard des Américains.

Face aux réactions indignées, il s'était excusé mais deux festivals français avaient néanmoins annulé les concerts du groupe prévus cet été. Depuis l'attentat, EODM a rejoué deux fois en France, une fois très brièvement à la fin d'un concert de U2 en décembre et la deuxième fois en février pour un concert à Paris en présence de survivants de l'attaque.