Croatie: manifestation contre l'introduction du cyrillique

Quelque 25'000 manifestants sont descendus dans les rues de Zagreb, en Croatie. Ils protestaient contre une décision des autorités d'introduire le cyrillique, utilisé par les Serbes, aux côtés de l'alphabet latin utilisé par les Croates, dans la ville de Vukovar.
07 août 2015, 11:12
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Quelque 25'000 manifestants sont descendus dans les rues de Zagreb, en Croatie pour protester contre l'introduire du cyrillique.

Cette cité de l'est du pays avait été ravagée par les rebelles serbes durant la guerre d'indépendance de la Croatie (1991-95). Venus de toute la Croatie, les manifestants brandissaient des drapeaux croates et scandaient le nom de la ville.

Rassemblés à l'appel d'une association proche des anciens combattants, ils ont demandé aux autorités de ne pas mettre en oeuvre une loi prévoyant l'utilisation d'inscriptions bilingues dans les localités où une minorité représente un tiers de la population, ce qui est le cas pour les Serbes à Vukovar.

"Nous n'allons pas accepter l'utilisation du cyrillique. Vukovar doit être traité différemment en signe de respect pour les victimes", a dit un des organisateurs Dragutin Glasnovic. La manifestation s'est achevée sans incident.

Relations tendues

Après la proclamation de l'indépendance croate de l'ex-Yougoslavie, les sécessionnistes serbes, soutenus par l'armée fédérale yougoslave et le régime au pouvoir à Belgrade, avaient lancé en août 1991 une campagne militaire contre Vukovar.

Environ 1600 personnes, dont 1100 civils, ont été tués en quelques mois pendant le siège et après la chute de la ville. Quelque 20'000 Croates ont été expulsés de Vukovar. Les bombardement sauvages ont pratiquement rasé cette ville.

Après la guerre, Vukovar a été placé sous l'administration de l'ONU et a été réintégré à l'administration croate en 1998. Les relations entre les communautés serbe et croate sont toutefois restées tendues.

Les Serbes sont la plus importante minorité en Croatie et représentent 4% des 4,2 millions d'habitants du pays. Le respect des droits des minorités est l'une des conditions principales imposées à la Croatie par l'UE.