Ebola: la guérison d'une infirmière française redonne espoir

Soignée avec succès en France avec des traitements expérimentaux, une infirmière française atteinte du virus Ebola redonne espoir à la communauté médicale. Mais la prudence reste de mise.
07 août 2015, 14:18
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
La guérison de l'infirmière française atteinte du virus Ebola et soignée avec des traitements expérimentaux représente "indiscutablement un espoir", a estimé le professeur Christian Bréchot.

La guérison de l'infirmière française atteinte du virus Ebola et soignée avec des traitements expérimentaux représente "indiscutablement un espoir", a estimé dimanche le directeur de l'Institut Pasteur à Paris. Mais attention, dit-il, il faut "rester prudent".

"Globalement, c'est quand même indiscutablement un espoir", a déclaré sur France Info, le professeur Christian Bréchot. Son Institut est réputé pour son expertise dans les maladies infectieuses et particulièrement les maladies tropicales.

"Simplement, ajoute-t-il, il faut rester prudent parce qu'on parle d'un très petit nombre de cas (de guérisons, ndlr) et parce qu'il y a une association de traitements" pour soigner l'infirmière, dont la guérison a été annoncée samedi par le ministère français de la santé.

D'après la ministre, Marisol Touraine, "plusieurs traitements" ont été utilisés pour la jeune femme, mais il est "difficile de savoir si c'est l'un d'entre eux qui a fonctionné, ou leur combinaison".

Amélioration

Le professeur Bréchot estime aussi "difficile" de dire si ces traitements expliquent à eux seuls les premiers cas de guérison observés en France, mais aussi en Grande-Bretagne ou en Allemagne. Pour autant, "il y a quand même maintenant plusieurs observations individuelles où le fait que les personnes aient reçu au moins certains de ces traitements" a "entraîné une amélioration", relève-t-il.

"La recherche avance très vite (...). Je pense qu'on peut vraiment espérer dans les mois qui viennent la production d'au moins certains de ces médicaments d'une façon plus importante", selon le professeur.

Autres facteurs

Le directeur général de l'Institut Pasteur rappelle toutefois que d'autres facteurs peuvent aussi expliquer la guérison, comme les conditions de prise en charge, "beaucoup plus efficaces en France qu'en Afrique", mais également les "différences individuelles dans la susceptibilité à une infection comme Ebola", qui fait que chaque individu peut réagir différemment au virus.

En attendant une diffusion plus large de médicaments, "ce sont les mesures sur le terrain qui sont essentielles", rappelle-t-il, comme "la construction de centres de traitement et d'isolement qui permettent de réduire la diffusion de l'épidémie" en Afrique.

A ce jour, la fièvre hémorragique virale a fait 3439 morts sur 7478 cas enregistrés en Afrique de l'Ouest, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).