Ecoutes illégales visant le Premier ministre turc Erdogan: huit officiers de police inculpés

Accusés d'espionnage, d'écoutes illégales et de contrefaçon de documents officiels, huit officiers de police ont été arrêtés par la justice turque.
07 août 2015, 14:00
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Le chef de gouvernement s'exprime pour la première fois aussi ouvertement sur ce drame.

La justice turque a inculpé huit officiers de la police pour écoutes illégales de hauts responsables, dont le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Cette vague d'arrestations entre dans le cadre d'une grande purge dans la police et la magistrature, lancée par le pouvoir contre le mouvement religieux du prédicateur Fethullah Gülen.

Accusés d'espionnage, d'écoutes illégales et de contrefaçon de documents officiels, les huit officiers ont été maintenus en détention vendredi dans l'attente d'un éventuel procès, selon la télévision publique TRT.

Les autorités turques avaient annoncé mardi l'arrestation dans le cadre de cette affaire d'une centaine de hauts responsables de la police, parmi lesquels les anciens chefs de l'unité antiterroriste de la police d'Istanbul, Omer Kose et Yurt Atayun, selon le bureau du procureur d'Istanbul. Celui-ci avait émis 115 mandats d'arrêt.

Vingt-six officiers ont ensuite été relâchés, à la satisfaction de leurs partisans. Ceux-ci affirment que l'enquête est politiquement motivée et intervient juste avant l'élection présidentielle du 10 août à laquelle M. Erdogan est donné gagnant.

Les procureurs avaient indiqué précédemment que 2280 personnes au total - dont 251 précisément visées - avaient fait l'objet d'écoutes illégales durant trois ans.

Grande purge

Cette vague d'arrestations entre dans le cadre d'une grande purge lancée par le pouvoir fin juin contre le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis.

M. Erdogan accuse le mouvement de son ex-allié d'avoir manipulé l'enquête sur un vaste scandale de corruption l'impliquant ainsi que son entourage. Le Premier ministre a d'ores et déjà congédié des milliers de policiers et de procureurs, soupçonnés d'être proches du prédicateur.

M. Erdogan a affirmé vendredi que l'enquête visant les partisans de Gülen allait s'élargir, précisant qu'il n'accepterait pas leurs excuses tant qu'il exercerait ses fonctions de Premier ministre.

Agé de 72 ans, M. Gülen vit depuis 1999 en Pennsylvanie (est), d'où il dirige un puissant mouvement socio-religieux qui compterait plusieurs millions de membres, influents dans la police et la magistrature turque. Il a toujours nié d'être à l'origine de l'enquête contre M. Erdogan.