Egypte: un commando tue 16 gardes-frontière égyptiens et pénètre en Israël

Un groupe d'hommes armés a attaqué dimanche un poste-frontière égyptien, tuant 16 gardes, avant de pénétrer en territoire israélien.
06 août 2015, 10:44
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Des hommes armés, probablement des jihadistes, ont attaqué dimanche un poste-frontière entre l'Egypte et Israël, tuant 16 garde-frontières égyptiens

Des hommes armés, probablement des jihadistes, ont attaqué dimanche un poste-frontière entre l'Egypte et Israël, tuant 16 garde-frontières égyptiens. Ils ont ensuite pénétré avec un véhicule blindé volé sur le territoire israélien où ils ont été neutralisés.

"Cette attaque lâche ne restera pas sans réponse (...) et ceux qui ont commis ce crime le paieront cher", a affirmé dans un communiqué le président égyptien Mohamed Morsi. Il s'est réuni d'urgence dans la soirée avec des responsables militaires ainsi qu'avec le ministre de l'Intérieur et le chef des Renseignements.
 
Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a pour sa part estimé que l'assaut soulignait "la nécessité pour les autorités égyptiennes d'agir fermement pour rétablir la sécurité et lutter contre le terrorisme dans le Sinaï".
 
Jihadistes
 
Un haut responsable égyptien de la sécurité a accusé des "jihadistes" venus de la bande de Gaza voisine d'être derrière l'attaque. Elle a eu lieu selon lui au moment où les gardes-frontière rompaient le jeûne du ramadan.
 
"Des éléments jihadistes infiltrés de la bande de Gaza à travers les tunnels, en collaboration avec des éléments jihadistes des régions d'al-Mahdiya et de Gabal Halal (en Egypte), ont attaqué un poste-frontière pendant que les soldats et les officiers prenaient l'iftar", a-t-il affirmé, cité par la Mena.
 
Hypothèses
 
Une porte-parole de l'armée israélienne, le lieutenant-colonel Avital Leibovich, a indiqué de son côté qu'il était trop tôt pour déterminer l'affiliation des membres du commando et quel était leur objectif. "Une des hypothèses est qu'ils voulaient enlever des soldats israéliens", a-t-elle ajouté.
 
En réaction à l'attaque, l'Egypte a décidé de fermer "sine die" le terminal de Rafah, à sa frontière avec la bande de Gaza, selon les médias officiels. Le terminal est l'unique point de passage entre le territoire palestinien, contrôlé par le mouvement islamiste Hamas, et le monde extérieur à ne pas être contrôlé par Israël.
 
Blindés
 
Des hommes armés vêtus comme des Bédouins du Sinaï étaient arrivés à bord de deux véhicules et s'étaient emparés de deux blindés à un barrage près de la frontière, avant d'ouvrir le feu sur le poste-frontière, selon un responsable de la sécurité. Seize soldats et officiers des gardes-frontière ont été tués, d'après le ministère de la Santé.
 
Les assaillants ont ensuite réussi à pénétrer sur le territoire israélien avec l'un des blindés, près du poste-frontière de Karm Abou Salem (Kerem Shalom, en hébreu), avant d'être neutralisés.
 
Armée de l'air
 
"Une explosion s'est produite dans un des véhicules avant qu'il n'atteigne le territoire israélien, tandis que le deuxième véhicule a été attaqué par l'armée de l'air israélienne", a indiqué un porte-parole de l'armée israélienne, en précisant qu'"il n'y a pas eu de victime du côté des soldats israéliens".
 
La radio publique israélienne a précisé qu'un hélicoptère israélien avait attaqué le véhicule et que trois "terroristes" présents à bord avaient été tués. La télévision égyptienne a plus tard indiqué qu'un blindé avait été retrouvé près de Karm Abou Salem.
 
Recherches
 
Dans la nuit, l'armée israélienne menait des opérations dans le secteur à la recherche d'autres membres du commando susceptibles de se trouver en territoire israélien, a ajouté le porte-parole militaire.
 
De son côté, la police du Hamas a annoncé avoir fermé tous les tunnels de contrebande pour éviter toute fuite des membres du commando de l'Egypte vers Gaza. Des témoins palestiniens ont confirmé à l'AFP que tous les tunnels avaient été fermés par la police qui a également déployé des renforts à la frontière.
 
Israël accuse depuis des mois des activistes palestiniens venus de Gaza de s'infiltrer via l'Egypte pour perpétrer des attaques.