Etat islamique: l'Occident sidéré, les USA veulent riposter

Les images de la décapitation du journaliste américain James Foley ont sidéré l'Occident. Le monde musulman condamne très largement ces atrocités. Les Etats-Unis et leurs alliés, déterminés, sont prêts à riposter et à frapper durement l'Etat islamique.
07 août 2015, 14:07
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les images diffusées par les terroristes sont insoutenables.

La décapitation très médiatisée d'un journaliste américain en Syrie par les jihadistes de l'Etat islamique (EI) a sidéré les pays Occidentaux. Les Etats-Unis et leurs alliés cherchent une riposte à l'EI. "Nous devons être prêts à tout", a analysé le ministre américain de la Défense.

L'Etat islamique contrôlant une partie de l'Irak et de la Syrie est une menace qui va "au-delà de tout ce que nous avons connu" en terme de terrorisme, a affirmé jeudi soir le ministre de la défense Chuck Hagel. "Nous devons être prêts à tout", a déclaré le ministre au cours d'une conférence de presse à Washington.

L'EI "allie idéologie (et) sophistication de son savoir-faire militaire tactique et stratégique. Il est extrêmement bien financé", a souligné M. Hagel. Jamais jusqu'à présent un responsable de l'administration du président Barack Obama n'avait décrit la menace que représente l'Etat islamique en des termes aussi forts.

Et, si l'Etat islamique parvenait à s'étendre dans toute la région et installer durablement un "califat", "le Moyen-Orient s'en retrouverait profondément changé et cela créerait un environnement sécuritaire qui nous menacerait de très nombreuses façons", a renchéri le général Dempsey, lors de cette conférence de presse.

Il a toutefois estimé que les 90 frappes aériennes américaines contre les jihadistes dans le nord de l'Irak depuis le 8 août ont permis de "couper leur élan". Les jihadistes sunnites "peuvent être maîtrisés, puis défaits", a-t-il assuré, précisant que pour en venir à bout, "il faudra s'y attaquer en Syrie" et pas uniquement en Irak, manoeuvre possible avec "une coalition en mesure de vaincre l'EI".

La conférence de presse survient deux jours après la revendication de l'assassinat du journaliste américain James Foley par l'EI et près de deux semaines de bombardements quotidiens des positions d'EI en Irak.

Revers militaire

Dans la matinée de jeudi, le Pentagone et la Maison-Blanche ont avoué un revers militaire "un peu plus tôt cet été" en Syrie. Ils ont tenté de secourir "un certain nombre d'Américains retenus en otage en Syrie" par le groupe jihadiste. L'opération a échoué, les otages n'étant pas présents là où le pensaient les renseignements américains.

C'est la première fois que les Etats-Unis rendent publique une opération de ce type sur le sol syrien depuis le début du conflit en mars 2011. Selon le quotidien "The Washington Post", plusieurs dizaines de militaires ont été engagés. Le journaliste James Foley figurait parmi les otages depuis novembre 2012.

Rançon de 120 millions

Une rançon équivalent à 120 millions de francs avait été exigée par les ravisseurs de James Foley, a déclaré un porte-parole du site d'informations américain pour lequel oeuvrait ce journaliste. Les négociations n'ayant jamais avancé, le reporter a été exécuté mardi par un homme masqué ayant l'accent anglais.

En Grande-Bretagne, Scotland Yard s'efforçait jeudi d'identifier l'homme cagoulé qui s'est présenté comme le bourreau de James Foley. La police privilégie l'hypothèse qu'il s'agirait d'un des nombreux Britanniques enrôlés par l'EI.

Violence "humiliante"

Les images de l'exécution ont révulsé les pays occidentaux. Elles ont aussi choqué le pays musulman le plus peuplé du monde: l'Indonésie. Son président, Susilo Bambang Yudhoyono, a jugé la violence des jihadistes "humiliante" pour les musulmans. Pour le Qatar, cet acte est "un crime contraire aux principes de l'islam".

Le président français François Hollande a appelé à une large mobilisation internationale lors d'une visite à La Réunion, dans l'océan Indien.

"Si le monde ne s'organise pas par rapport à ce groupe, il y aura d'autres images aussi effroyables", a-t-il poursuivi. Et de rappeler sa proposition de prochaine conférence internationale "contre l'Etat islamique et surtout pour la sécurité en Irak".

Bombardements en Irak

L'armée américaine a annoncé de son côté qu'une nouvelle vague de bombardements a été menée. Selon un haut responsable, le Pentagone envisage d'envoyer 300 soldats supplémentaires en Irak, où se trouvent déjà 850 soldats et conseillers militaires, un peu plus de deux ans et demi après le retrait des troupes américaines du pays.

Dans la vidéo montrant l'assassinat de James Foley, les jihadistes menacent d'exécuter un second otage américain, Steven Sotloff, également journaliste, si le pilonnage se poursuit.

Berlin et Rome se sont récemment dits prêts à faire comme Washington et Paris, en livrant des armes aux forces kurdes pour les aider à repousser l'offensive jihadiste dans le nord de l'Irak.