Etudiants mexicains disparus: arrestation d'un chef de cartel et nouvelles pistes

L'arrestation d'un chef de cartel mexicain pourrait conduire à de nouvelles pistes concernant la disparition des 43 étudiants, il y a trois semaines.
07 août 2015, 14:20
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Parallèlement à cette arrestation, des milliers de manifestants ont défilé dans les rues d'Acapulco.

Le chef du cartel mexicain des Guerreros Unidos a été capturé. Cette prise pourrait bien conduire à de nouvelles pistes sur le mystère des 43 étudiants disparus depuis trois semaines, une affaire qui a suscité de nouvelles manifestations d'indignation.

Sidronio Casarrubias Salgado, "lider maximo" des Guerreros Unidos, a été arrêté jeudi en compagnie de l'un de ses opérateurs les plus proches, a annoncé vendredi soir Tomas Zeron, directeur des enquêtes criminelles au ministère de la Justice. M. Casarrubias a été capturé lors d'un contrôle à un barrage policier sur l'autoroute entre Mexico et Toluca (centre), après avoir présenté de faux papiers.

Il est le frère de Mario Casarrubias, dit "Joli Crapaud", fondateur et précédent dirigeant des Guerreros Unidos, le groupe criminel accusé de s'être allié à la police municipale de la ville d'Iguala (sud) pour tirer sur des étudiants la nuit du 26 septembre. Cette attaque avait fait six morts et 25 blessés.

C'est après ces incidents que 43 élèves et enseignant de l'école normale d'Ayotzinapa ont été portés disparus. Jesús Murillo Karam, le ministre de la Justice, a indiqué que Sidronio Casarrubias avait nié avoir ordonné l'attaque contre les étudiants. Mais il a assuré que sa capture était "le début d'une nouvelle piste qui peut nous rapprocher plus vite et plus facilement de la vérité".

Affaire révélatrice

Les autorités judiciaires pensent qu'après la fusillade, les 43 jeunes ont été emmenés par la police d'Iguala à la municipalité voisine de Cocula et livrés à des hommes des Guerreros Unidos. Selon certains des présumés membres des Guerreros Unidos arrêtés, l'ordre d'assassiner les jeunes aurait été donné par l'un des chefs du cartel, seulement connu sous le surnom de "Chucky".

Le gouvernement mexicain est confronté à une pression croissante dans le pays et à l'échelle internationale pour que la lumière soit faite sur cette affaire énigmatique, qui a révélé la connivence entre autorités locales, policiers et narcotrafiquants.

Aucun des étudiants n'a été identifié parmi les 28 premiers cadavres trouvés dans des fosses clandestines près d'Iguala. Il reste encore à déterminer un nombre encore indéterminé de corps trouvés dans trois autres fosses clandestines, a indiqué le ministre Murillo Karam.

Colère à Acapulco

Vendredi, des milliers de manifestants ont défilé dans le calme à Acapulco, principale ville de l'Etat de Guerrero au sud du Mexique, pour exiger la vérité sur cette affaire. "Vivants ils les ont emmenés, vivants nous les voulons!", ont crié étudiants, enseignants et paysans qui demandent également la démission du gouverneur du Guerrero, Angel Aguirre, pour sa gestion de cette affaire.

"Nous voulons que les autorités cessent de faire semblant, elles savent déjà s'ils sont vivants ou morts. Et nous voulons qu'on nous montre les corps ou qu'on les libère", a déclaré Jesus Gonzalez, un professeur portant une chemise à l'effigie de "Che" Guevara et un sombrero de paille pour se protéger du soleil.

Selon la police régionale, quatre mairies du Guerrero sont occupées depuis deux jours par des enseignants et des étudiants. Les occupations et les manifestations sont menées par la Coordination régionale des travailleurs de l'éducation de Guerrero (CETEG), une fraction radicale du syndicat national des enseignants.