Japon: de l'art du tricot au temps des robots

Avec le système WholeGarment , des machines programmées débitent en une demi-heure un pull sans coutures ou une robe personnalisée. Le tricot high tech en somme.
16 avr. 2016, 09:19
/ Màj. le 16 avr. 2016 à 09:35
Avec le système WholeGarment, un travailleur gère simultanément dix machines qui créent des vêtements tricotés d'une seule pièce ne générant aucun déchets.

Des tricots prêt-à-porter fabriqués instantanément aux robes personnalisées produites sur des imprimantes à jet d'encre, l'industrie de l'habillement du Japon s'appuie sur le nec plus ultra de la technologie. Il cherche ainsi à rester en lice dans un secteur réputé pour employer surtout de la main-d'oeuvre à bas coût.

Dans l'usine du fabricant Shima Seiki dans l'ouest du pays, les vêtements se matérialisent en quelques minutes, grâce à des machines automatiques programmées. Elles débitent un pull sans coutures en une demi-heure sur simple pression d'un bouton.

Le système WholeGarment, breveté par le groupe japonais, est utilisé à travers le monde par des sociétés de tricot comme la marque italienne de luxe Max Mara. Il est adossé à un système de conception numérique qui permet aux utilisateurs de choisir les modèles, les couleurs et les coupes.

 

 

Originellement connu pour ses machines de ganterie, Shima Seiki a fait un bond technologique dans les années 1990, seule solution pour éviter le naufrage du secteur du textile du Japon.

"Tout le monde allait à l'étranger vers des destinations moins chères pour la fabrication et nous voulions empêcher cela", explique Kenji Iwamoto, un responsable de la compagnie.

Utilisation mondiale

Avec le système WholeGarment, un travailleur gère simultanément dix machines - réduisant ainsi les coûts de main-d'oeuvre - et utilise juste la bonne quantité de matière première pour créer des vêtements tricotés d'une seule pièce, qui ne génèrent pas de déchets, car ils ne nécessitent ni découpe ni couture.

Pas moins de 800 entreprises à travers le monde utilisent désormais ce dispositif, offrant à Shima Seiki 60% du marché mondial des machines à tricoter.

Et ce n'est là qu'un exemple de la stratégie des Japonais pour préserver l'industrie de la maille au Japon, en capitalisant sur les savoir-faire techniques afin de concevoir des vêtements qui ne peuvent pas être fabriqués ailleurs à un coût inférieur.

Encore cher

Les clients peuvent choisir parmi une gamme étourdissante d'options - dont les modèles, tissus, couleurs et longueurs - sur une tablette affichant leur photo habillée de ce qui deviendra une tenue unique.

Toutefois, les vêtements en question ne sont pas encore vraiment à la portée de toutes les bourses: il faut compter pour une robe entre 65'000 et 80'000 yens (577 à 710 francs).