Japon: la visite de trois ministres d'un sanctuaire crée la polémique

La visite du sanctuaire Yasukuni samedi à Tokyo par trois membres du gouvernement japonais a provoqué la colère de la Chine et de la Corée du Sud.
07 août 2015, 14:20
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Japan's Internal Affairs and Communications Minister Sanae Takaichi visits Yasukuni shrine in Tokyo, Saturday, Oct. 18, 2014. The shrine honors war criminals, including wartime leader Hideki Tojo, among the 2.5 million war dead.  Dozens of lawmakers prayed Friday at the site in a ceremony that drew a rebuke from China.   (AP Photo/Kyodo News) JAPAN OUT, CREDIT MANDATORY

La ministre des Affaires intérieures et de la Communication Sanae Takaichi a visité le sanctuaire samedi.

Trois membres du gouvernement japonais se sont rendues samedi au très controversé sanctuaire de Yasukuni à Tokyo. Les trois ministres femmes l'ont fait malgré la colère exprimée la veille par la Chine et la Corée du Sud après que le premier ministre nippon Shinzo Abe ait donné instruction de faire déposer en son nom une offrande sur le site.

Ce sanctuaire honore la mémoire de 2,5 millions soldats japonais, dont 14 officiers condamnés pour crimes de guerre par un tribunal allié à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. A ce titre, il est perçu en Chine et en Corée du Sud, occupées par le Japon dans la première partie du XXe siècle, comme un symbole du passé militariste et expansionniste de leur voisin.

Les trois ministres venues samedi à Yasukuni sont Sanae Takaichi, chargée des affaires intérieures et des communications, Eriko Yamatani, chargée de la question des enlèvements et responsable de la commission nationale de la sécurité publique, et Haruko Arimura, chargée de la promotion des femmes et de l'égalité des sexes.

Poignée de main

D'autres membres du gouvernement Abe pourraient en faire de même au cours du week-end en raison du début du grand festival d'automne au Japon. Déjà vendredi, plus de 100 parlementaires japonais s'étaient rendus au sanctuaire, suscitant l'ire de la Chine qui s'est déclarée "vivement alarmée". Et ce qui risque de compliquer les efforts de M. Abe pour se réconcilier avec Pékin avec en ligne de mire un sommet espéré avec le président Xi Jinping en novembre prochain en Chine.

Peu de temps avant la visite en masse au sanctuaire, le même jour, M. Abe et son homologue chinois Li Keqiang avaient échangé une symbolique première poignée de main à Milan dans le cadre de l'Asem, forum entre l'Europe et l'Asie.