Kobané n'est plus qu'à un kilomètre des jihadistes qui attisent leur chantage sur l'Occident

Les forces kurdes tentent de freiner la progression de l'Etat islamique (EI) en Syrie. Les jihadistes s'approchent dangereusement de Kobané. L'EI attise son chantage sur l'Occident. Après la décapitation d'un otage britannique, il a exhibé son éventuelle prochaine victime.
07 août 2015, 14:18
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les jihadistes de l'organisation Etat islamique (EI) ne sont qu'à un kilomètre de la ville syrienne de Kobané et les frappes aériennes ne seront pas suffisantes pour les stopper

Il s'agit d'un soldat américain détenu par le groupe EI. Cet ancien combattant en Irak avait disparu en Syrie il y a un an. Cet homme de 25 ans environ apparaît à la fin de la vidéo publiée vendredi montrant la décapitation du Britannique Alan Henning, mort à 47 ans.

Les parents de l'Américain ont imploré ses ravisseurs de le libérer dans un message diffusé samedi sur le site YouTube. Son père y révèle que son fils s'est converti à l'islam après avoir développé un attachement profond pour les populations de la région en guerre.

Quelques heures plus tôt, le premier ministre britannique David Cameron a réagi à la décapitation de l'otage britannique. Il a parlé d'un "acte odieux", alors que les Etats-Unis ont promis de continuer d'agir pour "affaiblir et à terme de détruire l'EI".

Plusieurs décapitations
La mort brutale de l'otage britannique a suscité une vive émotion outre-Manche. L'homme avait été enlevé en décembre alors qu'il accompagnait un convoi humanitaire en Syrie. L'Union européenne (UE) a aussi condamné cette exécution comme une "nouvelle illustration de la stratégie de terreur de l'EI".

La décapitation de l'otage britannique a été présentée par l'EI comme des représailles aux frappes britanniques en Irak, lesquelles sont contestées par une partie de la population au Royaume-Uni. Plusieurs centaines de manifestants ont protesté contre ces frappes samedi à Londres.

Le groupe EI a déjà décapité plusieurs personnes, dont deux journalistes américains et un humanitaire britannique enlevés en Syrie, en représailles Par ailleurs, le Français Hervé Gourdel a été décapité en Algérie par des jihadistes se réclamant du groupe EI.

Jihadistes tués
Sur le terrain, les frappes de la coalition anti-EI ont surtout visé les fronts sud et sud-est en Syrie, à quelques kilomètres de Kobané (Aïn al-Arab en arabe). La cité est défendue par les Unités de protection du peuple (YPG, la principale milice kurde) et des rebelles syriens.

L'EI tente de prendre cette ville depuis le 16 septembre, provoquant l'exode de 180'000 habitants en Turquie, dont la frontière est toute proche. Il n'y resterait que quelques milliers de civils.

Les forces kurdes ont pu conserver une colline stratégique, a-t-on appris dimanche auprès de leurs représentants et de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Seize jihadistes et onze combattants kurdes ont trouvé la mort dans la nuit, précise cette ONG.

"Ils sont à certains endroits à un kilomètre de la ville et à deux ou trois kilomètres à d'autres endroits", a déclaré dimanche un responsable kurde syrien. De la fumée s'élevait au-dessus de la ville.

Attentat-suicide kurde contre l'EI

Une combattante kurde a mené dimanche un attentat-suicide contre une position des jihadistes du groupe Etat islamique (EI) aux abords de la ville syrienne de Kobané. Il y aurait plusieurs morts, a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'attaque "a fait des morts, mais il n'y a pas de chiffre confirmé", a ajouté Rami Abdel Rahmane, directeur de cette ONG. Il s'agit du premier attentat-suicide connu d'une combattante kurde contre l'EI, un groupe coutumier de ce type d'attaque, a-t-il précisé.

Turquie méfiante
La Turquie, méfiante à l'égard des forces kurdes, n'a pour le moment manifesté aucune intention d'intervenir, bien qu'un obus de mortier se soit abattu dimanche sur son territoire, non loin de la base militaire de Mursitpinar. Deux blindés de l'armée turque se trouvaient dimanche au poste frontière de Yumurtalik, canon pointé vers Kobané.

Des discussions informelles ont toutefois eu lieu entre le président du Parti de l'union démocratique (PYD), la branche syrienne du mouvement rebelle kurde turc du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, classé terroriste par la Turquie), et les services de renseignement turcs, ont affirmé des médias turcs dimanche.

Plateau stratégique
Ailleurs en Syrie, une coalition de rebelles, parmi lesquels le front al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, s'est emparé dimanche d'un plateau stratégique dans la province de Deraa (sud), à une douzaine de kilomètres du Golan. L'OSDH précise que les combats se poursuivaient.

En Irak, des bombardiers et hélicoptères américains ont mené six attaques avec des missiles contre des positions des jihadistes, selon le commandement américain chargé du Moyen-Orient (Centcom).

En outre, samedi, les talibans pakistanais se sont ralliés au groupe EI. Ils ont appelé les activistes de la région à soutenir l'instauration d'un califat transnational.