La Croix-Rouge plaide pour d'avantage d'aide pour les migrants

La Croix-Rouge lance un appel pour d'avantage d'aide au 72 millions de personnes forcées de se déplacer. L'organisation appelle les dirigeants politiques à limiter le durcissement des lois.
06 août 2015, 14:51
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les migrants avaient pris place sur une embarcation de fortune.

Plus de 72 millions de personnes, soit 1% de la population mondiale, sont des migrants forcés, selon la Croix-Rouge.

Parmi eux, 20 millions vivent dans une situation de déplacement prolongé, soit pendant plusieurs années.
 
Les causes des déplacements forcés sont nombreuses et complexes, a déclaré Matthias Schmale, sous-secrétaire général de la Fédération internationale des sociétés de Croix-Rouge et du Croissant-Rouge en présentant à Genève le rapport annuel sur les catastrophes dans le monde.
 
Conflits armés, crises politiques, catastrophes naturelles, changements climatiques, pauvreté, expulsions en raison de projets de développement, des millions de personnes n'ont pas d'autre choix que de quitter leur domicile, a-t-il affirmé.
 
Solutions à long terme
 
"Face à un nombre croissant de migrants forcés, il faut faire davantage et trouver des solutions à long terme", a plaidé la cheffe du département de migration à la Fédération Sue Lemesurier.
 
Selon le rapport, en 2011, les conflits et violences ont provoqué le déplacement de près de 43 millions de personnes (15,4 millions de réfugiés, un million de demandeurs d'asile, 26,4 millions de déplacés internes); les catastrophes naturelles ont, elles, été à l'origine de 15 millions de déplacés.
 
S'y ajoutent au moins 15 millions de personnes réinstallées de force à la suite de projets de développement, comme des constructions de barrages ou des expropriations de terres.
 
Pour Matthias Schmale, "il ne faut pas seulement répondre à ce défi par une aide d'urgence, il faut aussi traiter des relations entre les migrants et les communautés d'accueil, développer la tolérance et le respect, assurer l'intégration et le travail des migrants dans leur nouvel environnement".
 
Durcissement politique
 
Robert Tickner, sous-secrétaire général chargé de la diplomatie à la Fédération et secrétaire général de la Croix-Rouge australienne, a dénoncé "le durcissement des responsables politiques", notamment des parlementaires, quel que soit leur parti ou leur nationalité.
 
Il a appelé les dirigeants politiques à "faire preuve de courage" et à prôner au contraire le respect et la compréhension mutuelle.
 
Il faut aider les migrants à devenir des membres productifs de la société, plutôt que des parias, affirme la Fédération.
 
Le rapport de 304 pages met en évidence les difficultés de l'accès des migrants à la santé, qui les exposent à des risques beaucoup plus élevés.
 
Il relève aussi les problèmes rencontrés par les migrants urbains, complètement marginalisés et vulnérables à la violence et à la criminalité.
 
Une aide psychologique fait le plus souvent défaut, notamment pour des enfants traumatisés par des déplacements forcés.