La nouvelle Douma ouvre la session sous la pression de la rue

La nouvelle Douma (chambre basse du Parlement russe) s'est réunie mercredi pour la première fois depuis les élections législatives du 4 décembre contestées par l'opposition.
03 août 2015, 22:25
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
douma

Cette dernière a appelé à une nouvelle grande manifestation contre les fraudes électorales le 24 décembre.

La séance, qui a débuté le matin, devait aussi permettre aux députés d'élire le président de l'Assemblée. Le favori est Sergueï Narychkine, ex-chef de l'administration présidentielle et candidat du parti au pouvoir, Russie unie.

Contrairement à l'habitude, ce n'est pas le président de la Commission électorale centrale Vladimir Tchourov qui a annoncé les résultats des législatives à l'ouverture de la séance. Les partis d'opposition avaient menacé la veille de quitter la salle si M. Tchourov venait à la Douma.

Cette annonce a été confiée au député le plus âgé, Vladimir Dolguikh, 88 ans, ancien membre du Politburo du parti communiste à l'époque soviétique, sous Leonid Brejnev et Iouri Andropov.

Reconquérir le respect

Russie unie, dirigée par le premier ministre Vladimir Poutine et dont le président Dmitri Medvedev était tête de liste lors des législatives, a remporté plus de 49% des voix lors du scrutin, un résultat en fort recul par rapport aux élections de 2007.

La formation a toujours la majorité absolue avec 238 sièges sur 450. Mais elle est loin des 315 députés dont elle disposait dans la précédente assemblée qui lui permettaient de modifier la Constitution sans le soutien d'autres partis.

Les trois autres partis représentés à la Douma sont le Parti communiste, le parti Russie juste (centre gauche) et le parti libéral-démocrate LDPR (populistes). Ils sont cependant tous plus au moins loyaux envers le pouvoir. "La Douma doit beaucoup faire pour gagner à nouveau le respect de la population", a déclaré le député communiste et prix Nobel de Physique Jaurès Alferov.

Le leader du parti LDPR Vladimir Jirinovski a estimé que les manifestations sans précédent des dernières semaines étaient le résultat du manque de débats dans la Douma précédente. "Les gens n'ont vu que des députés amorphes (...) Ils ne nous ont pas entendus. Ils sortent dans la rue et c'est notre faute", a-t-il dit.

"Inégalité sociale"

"Notre peuple n'a jamais été dans une situation aussi critique", a estimé Iouri Selivanov du parti Russie juste (centre gauche) jugeant que le principal problème était "une inégalité sociale criante". L'opposition et les observateurs indépendants ont dénoncé des fraudes massives aux cours des législatives, ce que le régime dément.

Plus de 50'000 personnes ont manifesté à Moscou le 10 décembre pour réclamer l'annulation du résultat des législatives, une manifestation d'une ampleur jamais vue depuis l'arrivée au pouvoir en 2000 de Vladimir Poutine, qui est candidat à la présidentielle de mars 2012 après avoir déjà été président de 2000 à 2008.

L'opposition appelle à un nouveau grand rassemblement samedi à Moscou et dans d'autres villes russes et espère réunir dans la capitale au moins 50'000 personnes.

Le président Medvedev, qui devrait devenir premier ministre si Vladimir Poutine est élu président en mars prochain, doit prononcer jeudi un discours devant la Douma au cours de laquelle il proposera "une modernisation politique", écrit mercredi le quotidien économique "Vedomosti".