Le film de la campagne de 2012 pour l'élection présidentielle américaine

L'élection américaine a été une succession de plusieurs feuilletons plus ou moins intéressants.
06 août 2015, 15:02
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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La campagne électorale américaine  a été longue, harassante, parfois ennuyeuse. Le buzz provoqué par les larmes d’Abigael, 4 ans, excédée par l’omniprésence  des candidats sur les médias a résumé le mieux le sentiment de millions d'Américains après des mois de campagne.

Pour Barack Obama, tout a commencé en janvier par un premier clip sur le thème de l'indépendance énergétique. Une étrange mais tranquille entrée en campagne pour celui dont la candidature à un second mandat ne faisait aucun doute. 

Du côté de son adversaire Mitt Romney, déjà candidat à la candidature républicaine en 2008, l'aventure a en revanche débuté par un pénible combat fratricide.

Le favori du camp républicain, Mitt Romney, un mormon du Massachusetts de 65 ans, aura su réaliser la synthèse des différents courants du parti, des droites religieuses aux centristes.

Deux personnages principaux, deux scénarios
 
Le casting bouclé, la bataille pouvait commencer. Une bataille d'image d'abord. Deux candidats, et deux personnalités que tout oppose.
 
D'un côté, Barack Obama tente encore d'affirmer sa figure de leader dans un pays fragilisé par la crise. De l'autre, Mitt Romney, riche homme d'affaires, qui aimerait bien faire rêver les Américains.
 
Lors des différentes conventions des deux camps en septembre, chaque candidat a accepté la nomination de son parti.  Le président sortant a préféré louer les performances de son épouse à la place de défendre son bilan.
 

Il a reçu le soutien de l’ancien président  Bill Clinton lors de la convention démocrate à Charlotte. Dans un discours longuement ovationné, Bill Clinton a lancé un vibrant plaidoyer en faveur de Barak Obama.
 
« Il a hérité d’une économie profondément dégradée, arrêté la chute, commencé la longue route vers la relance, et posé les bases d’une économie plus moderne, plus équilibré (…)
 

Quelques jours plus tôt, Mitt Romney s'était engagé la main sur le cœur à redresser l'économie américaine et à créer des millions d'emplois, à l’issue d’une convention plus humanisé.

Il a recu le soutien du célèbre réalisateur d’Hollywood Clint Easwood, 82 ans, qui s’était livré à une performance inattendue en s’adressant à un Barack Obama imaginaire en parlant à une chaise vide lors de la convention républicaine.
 
« Quand quelqu’un ne fait pas le  boulot, il faut qu’il s’en aille », avait –il estimé notamment à propos du président réélu qui selon lui, a failli dans la bataille contre le chômage.
 

Les femmes des candidats
 
Côté vie privée, on prend les mêmes et on recommence. Chacune des deux épouses des candidats s’était fait remarqué.
 
Mise en avant à bon escient durant quatre ans, Michelle Obama a joué sa partition sans fausse note pour séduire un électorat féminin de son influence.
 

Ann Romney a toutefois fait preuve de caractère quand les médias s’en prenaient à son mari de manière trop virulente à son goût. 
 

La convention républicaine aura aussi été l'occasion pour les Américains de faire connaissance avec Paul Ryan, le co-listier de Mitt Romney qui a sérieusement critiqué Obama lors de la convention de Tampa (FL) sans faire des émules.
 
Sans surprise du côté de Barack Obama, le vice-président Joe Biden  n'aura pas brillé durant la campagne faisant match nul durant leur débat télévisé.
 

 
Une fois investi, difficile pour le président sortant de réaliser la même campagne qu'en 2008, un monument de communication unanimement salué.
 
Cinq ans après, charisme et volontarisme ont enfanté une horde de déçus qui crient à l’arnaque. Au "Yes we can" d'Obama 2008, succède le « Forward » d’Obama 2012.
 

Satire...

Agressivité, notamment dans les publicités négatives. Ici, Romney ridiculisé par Obama.
 

 
 Romney qui demande des excuses puis, ridiculise à son tour Obama,  le schéma classique...
 

 
Du côté de Hollywood
 
Les peoples ont marqué un net soutien à Barack Obama. Ce qui a contribué à faire parler les plus jeunes et séduire les donateurs. 
 
Pour la première fois, les Américains pouvaient adresser des dons par sms à Barack Obama, et c'est bien le président reélu qui a fait la course en tête,  bien aidé par les grandes entreprises high-tech et les universités quand Romney recueillait des dons de la part des banques. 
 
Des polémiques...
 
La campagne électorale, c'est aussi des polémiques sur le lieu de naissance de Barack Obama.  Il y a aussi eu la question de la "race", la couleur de peau, des thèmes que l'on pensait dépassés mais qui ont pourtant animé les discussions.
 
Et celle que l'on a vu venir, quand Mitt Romney est accusé de vrais-faux dons au Trésor public. Sommé dévoiler son avis d’impôt.
 
Et du rire...
 
Plusieurs personnages secondaires auront animé cette campagne. Joe le plombier, figure de l'Américain moyen, a bien essayé de capitaliser sur sa notoriété de 2008.
 
Le fondateur du magazine Hustler Larry Flynt a bien proposé un million de dollars pour des informations surfureuses sur Mitt Romney.
 
La campagne a connu des moments drôles, d'abord à cause des candidats et de leurs équipes, ouvriers d'une campagne souvent creuse, toujours à l'affut des dérapages adverses. Mais aussi grâce à des internautes créatifs, inspirés et connectés.