Le majordome du pape à la barre des accusés dans le procès "Vatileaks"

Accusé d'avoir volé puis divulgué des centaines de lettres confidentielles, le majordome du pape est entendu ce mardi par la justice du Vatican.
06 août 2015, 14:44
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Paolo Gabriele (à droite), le majordome du pape Benoît XVI est entendu ce mardi au Tribunal du Vatican pour vol et divulgation d'informations de lettres confidentielles.

Le majordome du pape Benoît XVI, Paolo Gabriele est appelé ce mardi à la barre des accusés pour la deuxième audience du retentissant procès "Vatileaks" qui s'est ouvert au sein du tribunal du Vatican. Il est poursuivi pour avoir volé et divulgué des centaines de lettres confidentielles.

Ce sera la première fois que le majordome donnera publiquement sa version des faits depuis son arrestation le 23 mai. Il devra expliquer comment et pourquoi il a transmis ces documents au journaliste Gianluigi Nuzzi.

Ce dernier les a ensuite publiés dans un livre, "Sua santità" ("Sa Sainteté"), qui révèle intrigues et violentes animosités, en particulier à l'encontre du numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone. La somme des documents saisis dans les appartements du majordome - au Vatican et à Castel Gandolfo - remplit pas moins de 82 cartons.

Devant les juges d'instruction, le majordome, père de famille de 43 ans et considéré jusque là comme un employé modèle, a reconnu le fait. Il a expliqué qu'il avait agi pour révéler le "mal et la corruption" au sein du Vatican. Se pensant mandaté par "l'Esprit saint", il trouvait que le pape n'était pas suffisamment informé et voulait remettre l'Eglise "sur les rails".

Dans une interview cachée, accordée dans l'obscurité à la télévision en février dernier, Gabriele avait affirmé qu'une vingtaine de personnes issues des arcanes du Vatican étaient impliquées dans "Vatileaks".

Témoignage de Mgr Gänswein attendu

Mais pour l'heure, aucun autre nom n'a filtré, à l'exception de celui d'un informaticien, poursuivi pour "complicité". Toutefois, le rôle de celui-ci est jugé secondaire et les magistrats ont décidé de séparer son procès de celui du principal protagoniste.

Les juges ont en revanche indiqué qu'ils appelleraient à témoigner le secrétaire particulier du pape, Mgr Georg Gänswein, 56 ans, considéré par certains comme l'éminence grise du pape. Supérieur direct du majordome, c'est lui qui, alerté par la gendarmerie vaticane, l'avait confondu en mai.

Paolo Gabriele risque jusqu'à quatre ans de prison, mais pourrait bénéficier d'une grâce papale. Samedi, Nuzzi a diffusé sur twitter un message de soutien à Gabriele: "bonne chance, brave Paoletto, il ne faut pas le laisser tout seul".