Park Geun-Hye investie première femme présidente en Corée du Sud

La nouvelle présidente de la Corée du Sud, Park Geun-Hye, première femme à ce poste, a averti lundi qu'elle ne tolèrerait pas la moindre provocation de la Corée du Nord.
07 août 2015, 11:02
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
La nouvelle présidente sud-coréenne Park Geun-hye a revêtu la robe traditionnelle pour son arrivée à la maison présidentielle.

Lors de la cérémonie d'investiture, la nouvelle présidente de la Corée du Sud, Park Geun-Hye, a promis de conduire avec son frère ennemi la politique des petits pas.

"Le récent essai nucléaire de la Corée du Nord est un défi pour la survie et l'avenir du peuple coréen", a déclaré Park lors de son discours devant 70'000 personnes rassemblées devant le Parlement à Séoul. "Qu'on ne s'y trompe pas, la principale victime sera la Corée du Nord elle-même", a ajouté Park, 61 ans, devenue la première femme à accéder à la présidence de la 4e économie d'Asie.

"Je ne tolèrerai pas une quelconque action qui menace les vies de notre peuple et la sécurité de notre nation", a assuré la fille de Park Chung-Hee, resté à la tête du pays pendant 18 ans après s'être emparé du pouvoir en 1961 lors d'un coup d'Etat militaire.

Conformément à sa ligne adoptée durant la campagne électorale, l'élue a souligné qu'elle conduirait une politique basée sur la confiance avec Pyongyang, à l'opposé de son prédécesseur Lee Myung-Bak, adepte d'une ligne dure. Tous deux appartiennent au parti conservateur. "Je bougerai pas à pas, sur la base d'une force de dissuasion crédible", a-t-elle encore déclaré.

Mais les observateurs soulignent que le test nucléaire effectué par la Corée du Nord le 12 février dernier, qui a enflammé les "faucons" de la classe politique sud-coréenne et inquiété la population, risque fort de rendre sa tâche plus difficile.

Classe moyenne inquiète

La cérémonie d'investiture de deux heures et demie a été précédée par un tour de chant de l'interprète sud-coréen Psy, auteur du tube planétaire Gangnam Style, et ponctuée par vingt et un coups de canon.

Outre la Corée du Nord, la présidente doit également répondre dans son pays aux inquiétudes croissantes de la classe moyenne, préoccupée par la sécurité économique et les inégalités sociales.

L'essentiel de son discours a été consacré à l'économie. La nouvelle présidente a promis "une démocratisation économique", des créations d'emplois et l'extension des aides sociales dans un pays qui enregistre un des taux de vieillissement les plus rapides au monde.

Evoquant "un autre miracle", en référence au miracle économique après la guerre de Corée, Park a affirmé que son gouvernement allait construire "une économie créative", au-delà des secteurs manufacturier et industriel, fondements de la richesse sud-coréenne.

"Au coeur de l'économie créative reposent la science, la technologie et la technologie de l'information, des domaines que j'ai désignés comme prioritaires", a indiqué la présidente.

Innovation en danger

Elle a enfin mis en garde les "chaebols", ces vastes conglomérats sud-coréens accusés par leurs détracteurs d'étouffer l'innovation et les petites entreprises.

"En éradiquant plusieurs pratiques injustes et en rectifiant des habitudes malheureuses du passé qui ont frustré les propriétaires de petites entreprises (...) nous apporterons un soutien actif afin que chacun puisse croître au maximum de son potentiel", a-t-elle déclaré.