Proche-Orient: des milliers d'Israéliens militent pour la paix

Dans les rues de Tel-Aviv, samedi, des milliers d'Israéliens sont descendus pour manifester pour une reprise des négociations avec les Palestiniens. Un rassemblement qui s'est déroulé lors du 20e anniversaire de l'assassinat de l'ancien premier ministre Yitzhak Rabin, grande figure de l'effort de paix.
24 oct. 2015, 21:58
/ Màj. le 24 oct. 2015 à 22:06
A Tel-Aviv, les Israéliens ont manifesté pour la paix.

L'organisation la Paix maintenant et d'autres groupes favorables à une solution "à deux Etats" appelaient au rassemblement alors que les perspectives de règlement de l'un des plus vieux conflits de la planète ont rarement paru plus sombres. Une récente vague de violences fait même craindre une nouvelle intifada.

Les manifestants sont partis de la place Rabin, du nom du politicien devenu premier ministre en 1992 et tombé le 4 novembre 1995, à 73 ans, sous les balles d'un fanatique juif orthodoxe, Yigal Amir. Celui-ci s'opposait aux accords d'Oslo de 1993 qui créaient l'Autorité palestinienne, préfiguration d'un Etat.

Plus actuel que jamais

Le 20e anniversaire de l'assassinat du premier ministre travailliste qui provoqua un choc immense en Israël commence samedi soir selon le calendrier juif. "La voie qui s'est arrêtée en 1995 reste plus que jamais celle à suivre aujourd'hui", a dit à l'AFP une porte-parole de la Paix maintenant, Anat Ben Nun. Les violences "que nous voyons aujourd'hui sont complètement liées à la voie qui n'a pas été prise après 1995".

Tova K., 62 ans, dit être venue manifester "contre le gouvernement, la violence, les incitations à la haine, la colonisation et pour le retour aux négociations entre Arabes et Israéliens". Pour elle, "la situation n'a jamais été aussi mauvaise et le principal problème, c'est Netanyahu".

Similitudes

L'absence de tout horizon politique et la concomitance entre les violences actuelles et la date anniversaire du 4 novembre 1995 ont favorisé en Israël une réflexion historique sur les accords d'Oslo. Elles ont aussi donné lieu aux parallèles entre le climat d'antagonisme politique de l'époque et celui d'aujourd'hui.

L'actuel premier ministre de droite Benjamin Netanyahu est accusé par la gauche d'avoir encouragé indirectement la haine en brandissant des images de Rabin dans l'uniforme nazi au cours de discours devant des foules.